Dans le nouveau contexte bancaire, dit « bail-in », applicable en dès janvier 2016, les auront la possibilité de ponctionner directement, bien qu’en troisième recours, les comptes bancaires des déposants.

Ce contexte financier inédit résulte de la récente directive BRRD intégrée avec autant de célérité que de discrétion dans le corpus juridique français par la grâce d’une ordonnance du 20 août 2015. Le gouvernement avait une fois de plus estimé que le recours législatif était une perte de temps… cette « désormais habitude » n’ayant plus l’heur de choquer quiconque.

Sur le fond, il ne faut pas surévaluer la distinction entre bail-out et bail-in. Dans les deux cas, il s’agit pour les banques de faire main-basse sur l’argent public ; par l’intermédiaire des États en cas de bail-out, directement en cas de bail-in. Lorsque l’une des méthodes est usée, on passe à l’autre.

Le bail-out contraignait les États à venir au secours des banques en perdition, augmentant, sans contrepartie de la part des banques, leur endettement à la fois en capital et par les intérêts de la . Or qui dit augmentation de l’endettement des États dit augmentation des et diminution des services rendus aux usagers, contraignant ainsi les citoyens à s’endetter pour assurer le maintien de leur niveau de vie. Le contribuable est un déposant qui s’ignore. En conclusion, bail-in ou bail-out : c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Les États sont de simples courroies de transmission des intérêts bancaires auprès du public.

Avec le “bail-in”, les citoyens sauront directement où part leur argent. On imagine la réaction des futurs épargnants spoliés par l’application de ce bail-in.

Or il se trouve que, malgré tous les artifices comptables à leur disposition, les banques, notamment françaises, sont dans une situation financière préoccupante ; et encore, les opérations hors bilan ne sont pas prises en compte. Si par hasard l’une des grandes banques se trouvait en 2016 en situation de devoir recourir au fameux bail-in, le gouvernement se trouverait fort opportunément, grâce à la modification en cours, en possession d’une version modernisée constitutionnelle de l’Etat d’urgence. Les manifestations publiques d’épargnants dépouillés pouvant dès lors être interdites ou durement réprimées.

Finalement, pour les pouvoirs publics, « tout est pour le mieux dans le meilleurs des mondes » ; la philosophie du docteur Pangloss résonne dans l’éternité du XXIe siècle.

Une telle synchronisation entre des évènements malheureux d’ordre bancaire et terroriste a de quoi bouleverser les âmes les plus indifférentes ; cette relation symbiotique entre banque et terreur ouvrant dès lors un abîme de perplexité chez les esprits les moins aguerris.

2 décembre 2015

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