Culture - Editoriaux - Histoire - Médias - Politique - Religion - Société - 18 novembre 2015

Jamais le monde n’aura eu autant besoin des femmes

Dans le texte original et fondateur de la Genèse, Dieu était une fille et la femme était au cœur de la religion. La femme transgressait l’interdit et l’autorité, sortait l’homme de son animalité, l’initiait à l’amour et lui donnait une conscience.

Mais au fil de l’histoire, les hommes ont écarté les femmes du processus culturel et du pouvoir en réécrivant les textes religieux. Ils établirent une hiérarchie des sexes, soumirent les femmes dans les pays musulmans et les exterminèrent par dizaines de millions en Inde et en Chine. À ce jour, l’Asie en compte cent millions de moins que d’hommes. Et 62 millions de filles dans le monde ne vont pas à l’école !

Les civilisations bâties par des êtres dépourvus de conscience féminine multiplièrent les moyens d’oppression pour réfréner les actes bestiaux. Nos sociétés devinrent pesantes et complexes, un frein à l’élévation spirituelle, se nourrissant principalement de la guerre et du pillage de la planète. Aujourd’hui, les peuples asservis sont réduits à choisir entre un système financier cynique et une théocratie machiste. Dans les deux cas, la stupidité y est valorisée.

Il est urgent de faire appel à celles qui furent bannies des décisions majeures de l’histoire de l’humanité et qui en constituent pourtant la moitié : les femmes !

Mais il faudra des héroïnes car, dans nos sociétés, la situation et la fonction déterminent le comportement, plus souvent que les dispositions génétiques. C’est l’effet Lucifer. En accédant aux postes jusqu’ici tenus par des hommes, les femmes veulent faire aussi bien qu’eux, voire mieux, rarement autrement. Quelle différence quand le pouvoir est exercé, en politique, par des femmes comme Angela Merkel, Ségolène Royal, Cécile Duflot, ou en affaires par Patricia Russo et Anne Lauvergeon ? Dans les médias, c’est encore pire. Élise Lucet fait du Jean-Pierre Pernaut et Léa Salamé du Jean-Pierre Elkabbach sans jamais un mot pour ses congénères du Moyen-Orient.

Où sont les femmes ? criait Patrick Juvet. Elles sont bien là, célèbres ou pas. Initiatrices. Ferventes militantes, comme Bidhya Devi Bhandari, élue présidente du Népal, ou Aung San Suu Kyi remportant les élections législatives en Birmanie. Actrices iraniennes comme Sadaf Taherian et Chakameh Chamanmah, qui ont perdu le droit de travailler pour avoir osé retirer leur voile en protestation contre son port obligatoire. Jeunes filles blessées d’une balle dans la tête pour avoir voulu aller à l’école, comme Malala Yousafzaï, prix Nobel de la paix à 17 ans. Artistes comme Angelina Jolie, soutenant 29 fondations caritatives dont l’UNHCR et L’UNICEF, ou Josiane Balasko, qui a affranchi les femmes de leurs complexes séculaires par son esprit et son humour. Soldates comme Kinessa Johnson prenant les armes pour protéger la faune africaine des braconniers.

Plus que jamais, nous avons besoin des femmes, des vraies, pour donner une conscience au monde.

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