Editoriaux - Politique - Table - 22 février 2016

J’ai rêve d’une primaire sans Juppé

L’idée est saugrenue, mais après tout, pourquoi laisser aux socialistes et aux Républicains l’exclusivité d’une primaire dont on sait qu’elle aboutira, au final, à l’élection d’ ? Une nouvelle élection par défaut. Sachant que leur candidat Hollande sera éliminé dès le premier tour, nombreux seront, en effet, les électeurs de gauche qui iront voter Juppé aux primaires des Républicains afin d’éliminer Sarkozy.

D’Henri Guaino, que nous avons encore entendu chez Zemmour et Naulleau, à Marine Le Pen en passant par Nicolas Dupont-Aignan, Thierry Mariani, Nadine Morano, Robert Ménard, Jacques Myard, Christian Vanneste, Lionnel Luca, Guillaume Peltier et autres membres de la Droite Forte ou de Sens commun, d’accord sur à peu près tout, pourquoi vous défendre les uns et les autres ? Pourquoi cet ostracisme les uns envers les autres ? Vous êtes tous profondément de droite, mais vous avez peur de l’ogre, de la louve mariniste, peur d’une alliance qui vous ferait perdre votre âme.

Pourquoi, les uns après les autres, vous vous défilez alors que chacune de vos réponses correspond peu ou prou à ce que pense largement une majorité de Français qui espère un candidat d’union des droites ?

Pour nous, le commun des mortels, nous ne comprenons pas que vous vous enfonciez dans la pénombre alors que le pouvoir de réaliser enfin votre programme… commun est là, à votre portée. À votre porte. Il suffirait de pousser le portail de l’Élysée tous ensemble pour, enfin, sauver la France et les Français d’une catastrophe annoncée : la réélection de Hollande, la pire des calamités, celle de Sarkozy, le roi du Kärcher sans pression, ou l’élection d’un homme politique dont, ici même, a été analysée la désastreuse pratique gouvernementale et qui réjouit d’avance toute la gauche.

L’un dit : jamais je ne m’associerai au nom de Le Pen. Un autre réplique : l’extrême droite ? Jamais ! Un troisième ? Comment pourrait-on avoir le même programme puisque Marine Le Pen n’en a aucun. Mais vous perdez tous votre temps à vous combattre. Vous aimez la France ? Alors prouvez-le en unissant vos forces, quitte à enfermer votre amour-propre dans un placard cadenassé, le temps d’un quinquennat. L’union fait la force. Tel sera votre slogan gagnant. Comme l’avait fait Mitterrand avec l’Union de la gauche qui lui avait offert l’Élysée sur un plateau.

 Si c’est une affaire d’homme ou de femme, mettez-vous tous autour de la même table. Vous craignez Marine, mais elle a un idéal : le vôtre. Celui de sauver notre pays de la catastrophe dans laquelle 40 ans de politique aveugle l’ont plongé. Et puis, si c’est Marine Le Pen qui pose problème, pourquoi ne pas décider des primaires entre vous tous qui refusez d’envisager un Président qui pourrait être, que dis-je, qui sera forcément Juppé, si vous ne vous unissez pas contre lui.

Arrêtez de penser à vos ambitions personnelles. Vos différences n’intéressent pas les Français qui souhaitent une force unie pour combattre ce qui les hante et détruit leur pays : la mondialisation, l’immigration, une Europe passoire et invertébrée, une politique sociale qui favorise l’étranger, des impôts insupportables, un gâchis de l’argent public invraisemblable, etc.

Marine Le Pen n’est pas Jeanne d’Arc. Mais si elle n’entend pas la voix de l’ange Gabriel, elle entendra la voix du peuple français. Et qui vous dit qu’elle n’accepterait pas cette idée saugrenue d’une primaire, non pas une primaire fermée des « Républicains » mais une primaire de toutes les droites ?

 Bon, voilà, c’était un rêve. Un cauchemar, peut-être, pour certains. Mais je voulais le partager avec vous.

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