Document - Editoriaux - Supplément - Table - 27 janvier 2017

J’ai retrouvé les 365.000 votants « volatiles » de la primaire socialiste !

Je n’irai pas jusqu’à dire que, depuis que madame Najat Vallaud-Belkacem est responsable de l’Éducation nationale, cet honorable ministère y a de fait perdu son latin. Toutefois, est-on en droit de s’interroger lorsque, par curiosité, on consulte le site de ce ministère ?

La première surprise est qu’une chatte n’y retrouverait pas ses petits, tellement la confusion y règne en maître (d’école). À la lecture des tableaux ci-dessous, le nombre d’élèves, nous dit-on (à savoir écoliers, collégiens et lycéens) se monte à 12.398.900, alors que l’addition des chiffres sur le même document donne un résultat différent : 12.677.900.

Pareillement, les établissements scolaires seraient au nombre de 63.600, alors que l’addition des chiffres sur le même document donne un résultat différent : 63.000.

La suite de la lecture est également édifiante dans sa complexité arithmétique. Selon les données portant sur la rentrée 2015, public et privé, les enseignants seraient au nombre de 861.000 dans les écoles, les collèges et les lycées du second degré. (Ce qui suppose un nombre d’enseignants plus important encore si l’on ajoute ceux du premier degré.) Mais restons-en-là !

Concernant l’encadrement des élèves dans le public, le tableau donne un nombre moyen d’élèves par classe. Tous degrés confondus, la moyenne générale s’établit à 24,52 élèves (arrondissons à 25).

Or, si par curiosité malsaine l’on divise le nombre d’élèves (12.398.900) par le nombre des personnels enseignants (861.000) affiché, on obtient seulement 14,4 élèves en moyenne par classe.

Fort des chiffres ci-dessus, en supposant que chaque prof ait 25 enfants dans sa classe, et si l’on divise les 12.398.900 élèves par 25, cela suppose 495.956 profs.

(861.000 – 495.956 = 365.044) Où sont passés les 365.044 profs manquants ?

Je crois avoir la réponse : ce chiffre est à rapprocher du nombre de votants « volatiles » qui se sont rajoutés tardivement à la primaire socialiste. (Après tout, il n’y a pas de raison pour que les analystes ou journalistes de gauche aient le monopole de la mauvaise foi.)

Plus de 300.000 votants en un rien de temps, et pas le moindre écart en pourcentage pour les candidats. Impossible ! On comprend, dès lors, qu’il faille plus de professeurs de maths.

En effet, si l’on en croit le gouvernement, le recrutement de 60.000 nouveaux enseignants supplémentaires serait nécessaire. Pourtant, en termes d’emplois inscrits au budget général de l’État, le ministère de l’Éducation nationale de 2016 représentait, à lui seul, 51,9 %. Est-il utile de rappeler à la mémoire de chacun que le budget national 2016 s’établissait à 72 milliards d’euros de déficit et 2.148 milliards de dette ?

Nul n’ignore que l’endettement de la France sert, à 99 %, à couvrir les dépenses de fonctionnement de l’État, et pas besoin d’avoir fait l’X pour comprendre que réduire la voilure est devenu vital pour notre pays, sauf à vouloir concurrencer la Grèce.

Mais à voir les tableaux ci-dessus, au ministère de l’Éducation nationale sous la houlette de madame Najat Vallaud-Belkacem, on n’aime pas le grec et le latin, et encore moins les chiffres !

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