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Editoriaux - Fiction - Politique - Table - 22 octobre 2015

Pourquoi j’ai démissionné des Républicains

Je ne m’appelle pas Madeleine. Cependant, comme elle et d’autres, je viens de claquer la porte de LR.

Cette décision me tourmentait depuis plusieurs semaines. Je l’ai prise plus tôt que je ne l’avais envisagé. De moins en moins en phase avec ceux qui représentent « Les Républicains», ne trouvant plus la force de défendre l’indéfendable dans l’attente d’une improbable prise de conscience salutaire de ces derniers, ne voulant pas assister de l’intérieur au spectacle des primaires qui ne pourra être autre que pitoyable, j’avais décidé de m’en aller vers d’autres horizons au lendemain des élections régionales.

On ne quitte pas sur un coup de tête un mouvement dans lequel on s’investit depuis douze ans. Durant tout ce temps, tout en conservant une liberté de ton et de parole, j’ai défendu avec constance ses valeurs fondatrices, ses listes et ses candidats, brandi fièrement ses couleurs. Alors que certains quittaient un navire prenant l’eau de tous bords des suites du duel Copé-Fillon et de l’affaire Bygmalion, aux côtés de fidèles militants, j’écopais péniblement.

Fin 2014, la reprise en main par Nicolas Sarkozy laissait supposer à tous un changement notable, même à ceux (dont je suis) qui auraient préféré qu’il se tienne à l’écart. Il n’en est rien. Plus que jamais, l’intérêt particulier domine ce qui est, vous me direz, également le cas dans d’autres partis politiques ; ce qui explique en partie un rejet citoyen grandissant pour la classe politique dans son ensemble.

Je me doutais bien qu’un simple changement d’appellation serait insuffisant pour remettre la maison en marche, d’autant que les occupants, dont les auteurs de l’échec de la présidentielle de 2012, étaient maintenus à leur poste. Monsieur Sarkozy, je suppose, pensait que l’astuce doperait les adhésions… De nouvelles ont certes été enregistrées mais, du peu que je peux savoir, les renouvellements s’avèrent compliqués à obtenir. Deux raisons essentielles à cela, selon moi. La première : un harcèlement financier qui insuffle l’idée que le militant ne serait qu’un vulgaire porte-monnaie. Pas un courriel en provenance du siège sans que n’y soit attaché un appel au don. OK, il faut renflouer les caisses ! La seconde : des consultations à questionnaires fermés qui donnent la piètre illusion d’une contribution partagée à l’écriture d’un projet.

C’est finalement l’ancien chef de l’État, en qui j’ai longtemps cru et qui aujourd’hui me déçoit, qui m’a fait devancer la date de mon départ. Je ne peux tout simplement pas accepter la sanction dont a fait l’objet Nadine Morano, d’autant qu’elle répond à un sordide chantage politicien. Au risque de me répéter, ses propos ne sont que stricte vérité : la France est un pays, à l’origine, judéo-chrétien de race blanche. Le mot « race » devenu maudit par la volonté du Front de gauche n’a une connotation raciste qu’aux yeux de ceux qui veulent en voir une. Au lieu de condamner les paroles de madame Morano, il aurait fallu les soutenir et condamner ceux de Yann Moix, qui à terme voit inéluctable une France musulmane. Soumission , de Houellebecq, doit rester du domaine du roman-fiction, la moindre remarque laissant présager du contraire soulèvera toujours ma colère.

En conclusion, je me demande si les valeurs LR n’ont pas davantage de sens pour les militants avec qui j’ai eu grand plaisir à œuvrer que pour ceux qui surfent dessus. Si tel est le cas, il était plus que temps que je quitte ce parti… Pour quelques-uns, il faudrait se taire, ne rien dire, laisser faire, au prétexte que nous pourrions faire gagner la gauche en étalant notre mécontentement. Gauche/droite, un clivage stérile, totalement désuet, dont le seul rappel écarte d’un revers de la main le marasme économique et les souffrances du pays. Nous ne nous appelons peut-être pas tous « Madeleine”. Cependant, nous partons sur la pointe des pieds ou avec fracas.

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