Je m'étonne moi-même de ma propre violence mais il faut le dire ici : « Virez-moi ce type ». Ancien taulier du RPR et ancien ministre de la Culture et garde des Sceaux, il était la jeune garde dynamique de Jacques Chirac. À l’époque, c’était une grande gueule et un mec avec des principes, qui a été condamné par la justice pour injures envers le chef de l’État pour avoir opportunément, avec son compère Alain Madelin, rappelé le passé douteux de Tonton Mitterrand.

Sa "grande gueule", il l’avait ouverte au moment de la loi Veil (avortement) puis du PACS, quelque part son dernier combat honorable, et puis ce fut la chute aussi vertigineuse que brutale.

Convaincu de divers conflits d’intérêts et autres atteintes à l’indépendance de la justice : jusqu'ici, pas de quoi fouetter un chat, on va dire qu’il n’a pas eu de bol et s’est simplement fait pincer, comme le disait Philippe Bilger sur Boulevard Voltaire : « Son profil de représentant de la chiraquie tendance Pasqua ; ses positions conservatrices sur la dépénalisation de l’homosexualité notamment… et sa conception minimaliste de l’indépendance du parquet… » Surtout Philippe Séguin et lui ne pouvaient pas se piffer. Incapable de se faire réélire, "survivotait" avec différentes missions que Sarkozy le Magnanime avait la bonté de lui confier. Et puis, plus rien. Il est retombé dans le néant. Honnêtement, lorsque est arrivé son nom au poste confortable de Défenseur des droits, j’ai dû vérifier qu’il n’était pas mort.

Philippe Bilger a raison sur un point : « Qui peut avoir l’arrogance d’oser se présenter, tout au long, comme exemplaire ? Quel parti peut se prétendre impeccable au point de jeter la pierre à une personnalité parce qu’elle aurait dévié, à tel ou tel moment, d’une ligne décrétée droite ? Quel épouvantable sectarisme que cette présomption ! » Effectivement, si la justice fonctionnait indépendamment de la politique et si une condamnation interdisait tout mandat, le problème de non-renouvellement de la classe politique ne se poserait pas…

Jacques Toubon, c’est le vieux retraité, qui ne supportait plus d’être anonyme, c’est l’ancien cador qui, lassé de ne plus exister, a tout renié pour retrouver la lumière, après avoir fait amende honorable auprès du Tribunal populaire socialiste. Il a tout regretté : ses anciennes positions réacs, ses amis et ses ennemis, prêt à tout pour choper le job. Et aujourd’hui, comme pour rassurer, il assure avoir bien pris en compte la jurisprudence de la CEDH sur la GPA, en confondant justice et jurisprudence… Et dire que a été garde des Sceaux…

On aurait pu lui pardonner sa conception bancale de l’indépendance de la justice ; on aurait pu lui pardonner ses embrouilles, ses coups tordus et sa roublardise. On lui a promis de l’argent, une retraite dorée et il a tout renié.

Après la résurrection de Toubon et le statut de présidentiable de Juppé, que les adeptes du renouveau se rassurent : avec un peu de chance, on nous ressortira Balladur.

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27 juillet 2014

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