Le tribunal de l’application des peines de Melun a rejeté la demande de libération de .

Je n’ai pas à discuter cette décision mais j’estime afficher une position majoritaire en affirmant que personne n’aurait été choqué par un jugement contraire et en exprimant le vœu que, rapidement, il soit fait droit à sa requête. Mon point de vue est d’ailleurs validé par celui du ministère public, qui ne s’opposait pas à sa sortie.

Mais Jacqueline Sauvage a été victime de ses soutiens.

Il y a, dans un processus judiciaire, parfois une part psychologique résiduelle qui irrigue l’analyse purement juridique. Je suppute que cette juridiction a voulu d’autant plus faire preuve de sérénité, voire de rigueur, que la condamnation justifiée de Jacqueline Sauvage a été suivie par un délire politico-médiatique qui a eu des effets dévastateurs, on le constate aujourd’hui.

Une méconnaissance totale de la réalité des audiences criminelles et du rôle des jurés.

La médiocrité de sa défense qui a plaidé absurdement un acquittement impossible.

La comparaison avec un procès exemplaire qui a suivi et a montré de manière limpide ce qu’il aurait fallu soutenir et argumenter. Avec un arrêt équitable, juste et mesuré.

L’effervescence ignorante et partiale de la multitude des médias et une certaine démagogie politique prête à enfourcher n’importe quelle cause, en mêlant le pluriel d’un combat au crime d’une personnalité.

La complaisance et l’immixtion présidentielles.

Les associations féministes à la fois vindicatives et ignorantes.

Un comité de soutien qui aurait prêté à rire si la tragédie n’avait pas été trop réelle avec sa composition médiatico-mondaine et ses décrets péremptoires. Ne rien savoir est parfois un privilège mais il ne faut pas en abuser!

Durant quelques jours, on a dû subir ce tintamarre grotesque, multiple et composite.

Je suis tristement obligé de constater que certains politiques, notamment Jean-Christophe Lagarde, aujourd’hui n’ont rien appris et continuent sur cette même pente outrancière.

Alors que cette décision de rejet, que le tribunal de l’application des peines motive juridiquement, est la rançon aussi d’une confusion des rôles et d’une instrumentalisation de l’émotion portées à leur comble au mois de janvier 2016.

Quand on a dépassé les limites, et si largement avec l’affaire Sauvage, tôt ou tard on le paie. Et l’institution honteusement vilipendée et incomprise se rattrape.

Cela ne m’empêchera pas, en fustigeant ses soutiens ridicules ou néfastes, de souhaiter que Jacqueline Sauvage ne fasse plus parler d’elle.

Mais en liberté.

Et malgré ceux qui, à ses côtés, l’ont accablée.

Extrait de : Jacqueline Sauvage victime de ses soutiens…

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