a gracié Jacqueline Sauvage. Chirac avait gracié Omar Raddad et Nicolas Sarkozy avait refusé cette clémence à Dany Leprince. Trois affaires, trois attentes, légitimes ou non, trois décisions arbitraires ou non.

Il est dans les attributions du titulaire de la magistrature suprême, au titre de l’article 17 de la Constitution, de décider en ultime résolution du sort d’un citoyen que la justice a condamné. Cette décision présidentielle est rarement prononcée mais elle suscite, parfois, la polémique comme ce fut le cas pour la grâce accordée à Paul Touvier en 1971.

Cette prérogative révèle tout ce que notre système a conservé des us et coutumes de l’Ancien Régime et qui fait, de notre Président, une espèce de monarque républicain.

Un homme seul aurait-il plus de sagesse que la elle-même, jugeant par la voie de son institution judiciaire ? Sinon, comment apprécier une telle décision après tant d’acharnement dans l’enchaînement procédural ? À moins que l’appareil n’ait pas prononcé en la circonstance le choix populaire légitime !

Madame Sauvage, dont le récit de la vie, des déboires et malheurs a sans doute touché profondément la plupart d’entre nous, méritait-elle la sentence prononcée à son égard ?

Une majorité s’est portée à son secours au motif qu’elle fut durablement maltraitée et humiliée.

Oui, bien sûr, rétorquent certains, à la vox populi, mais nul n’a le droit de se faire justice soi-même. Il revient à la police de protéger les citoyens et à la justice de réparer les blessures des crimes et des délits.

Cela est vrai aussi ! Mais la police est rarement là quand, comme ce buraliste, lui aussi condamné pour s’être « défendu », l'agresseur est "empêché" ou quand ce bijoutier cambriolé pour la énième fois, qui tira sur son voleur, dut en payer le prix de la prison.

Vaste question qui est loin de trouver son épilogue. Le droit est souverain, mais est-il toujours légitime ou, en tout cas, légitimement utilisé ?

aurait pu être taxé de démagogie pour avoir usé de ce droit constitutionnel en période électorale. Mais il n’est plus candidat…

Sans doute a-t-il agi comme un écolier fripon qui, après avoir fait perdre la tête à sa maîtresse, a promis de ne plus recommencer et, pour preuve de sa bonne foi, a aidé une vieille dame à traverser…

Peut-être a-t-il songé, après nous avoir assuré, le 1er décembre, qu’il ne recommencerait pas, que ce geste « noble » serait de nature à adoucir le jugement des Français à son égard, à redorer un peu l’image peu glorieuse qu’il laissera, quoi qu’il arrive, à la postérité ?

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29 décembre 2016

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