Editoriaux - Politique - Table - 13 mai 2013

J.-C. Cambadélis est d’une rare élégance langagière…

Vous arrive-t-il de prendre le premier métro quand, en hiver, il fait encore nuit et quand, au printemps, le jour se lève à peine. Si tel est le cas, vous avez pu voir dans les rames des êtres fatigués, mal réveillés, qui sont debout depuis des heures puisqu’il leur a fallu le plus souvent – ils habitent en banlieue – prendre des bus qui se font toujours attendre.

Ce sont des Noirs. Maliens, Sénégalais, Ivoiriens… Leur boulot, c’est de nettoyer les bureaux des tours de la Défense, des banques, des compagnies d’assurances. Il y a plus enviable, comme profession. Il faut être très pauvre et avoir très faim pour l’exercer.

N’écoutant que son grand cœur, et dans le souci de se rapprocher de ces populations souffrantes, le Parti socialiste a délégué un des siens, et un des meilleurs, pour communier avec cette humanité qui se lève à l’aube et qui nous permet de travailler dans des bureaux propres. Ainsi, , secrétaire national du PS, vient d’expliquer comment son parti, son gouvernement et son président avaient été contraints de « passer la serpillière » après Sarkozy, et d’« éponger ». Cette élégance langagière ne semble pas avoir été empruntée à La Princesse de Clèves que tous les socialistes ont pourtant lu dès lors qu’il a été patent que le précédent président n’aimait pas ce texte. Mais le PS a le droit d’aimer les métaphores ménagères.

Sarkozy avait un bail locatif de cinq ans. Il n’a pas, si l’on comprend bien Cambadélis, respecté ses obligations de locataire, que nous connaissons tous, et qui prévoient que l’appartement doit être laissé à son nouvel occupant dans un état habitable. Ah, que c’était sale, dégoûtant, taché, moisi… Aucun des Noirs entrevus dans le métro n’aurait voulu habiter là. C’est pourquoi il a fallu un an (dixit Cambadélis) pour nettoyer la maison France et effacer les salissures de l’infâme Sarkozy. Un an à passer la serpillière. Un an à éponger. Un an à récurer. Un an à balayer. Un an à lessiver. Un vrai travail de nègre !

On imagine aisément que Cambadélis et les siens, devenus par la faute de l’ancien locataire hommes et femmes de ménage (oh, pardon, techniciens et techniciennes de surface), en sont sortis épuisés. Qu’ils prennent donc du repos, un long repos, c’est tout ce qu’on peut leur (et nous) souhaiter. Et qu’ils aient la bonté de s’inspirer de l’inscription qu’on trouve généralement dans certains endroits nécessaires et qui, dans ce cas précis, vaut aussi pour la France : « Merci de laisser les lieux dans l’état dans lequel vous les avez trouvés. »

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