On brûle un évêque en effigie et il s’empresse de minimiser la chose. « C’est Carnaval, c’est le Sud », ajoute l’abbé de Tanoüarn. Tout commence par un tweet de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, accusant la France d’inconséquence parce qu’elle facilite l’avortement tout en combattant « Daech ».

Minimiser cette violence du bûcher ? Il ne faut pas. Elle est très inquiétante, très grave. Comme il très grave d’en arriver à un point, en Europe, où non seulement le débat sur l’avortement, mais même l’information sur l’IVG sont progressivement interdits.

Mais pour que les femmes acceptent sans crainte majeure un débat sur l’avortement, il faudrait au préalable que l’Église révise tous ses commandements qui aboutissent à l’assujettissement des femmes, de leur corps, au pouvoir et desiderata des hommes. Il faudrait qu’elle prouve qu’elle ne prône rien qui mène à imposer à une femme de concevoir sans avoir réellement, librement, désiré une conception éventuelle.

C’est bien tout le contraire d’une réflexion sérieuse en ce sens que traduit le tweet de Marc Aillet.

Comparer les femmes qui avortent aux assassins de l’État islamique est odieux. Que cherche l’évêque de Bayonne : le débat sur l’avortement ou la violence ? Dans la vidéo de l’interview qu’il a donnée après son tweet, il affiche un sourire amusé.
Visiblement, il n’a aucune conscience de la violence que représentait la situation des femmes avant l’obtention des droits à la contraception et à l’avortement. Les femmes n’avaient ni le droit d’être informées sur leur corps, ni le droit de refuser que des hommes les rendent enceintes, et quand, désespérées, elles avortaient, elles risquaient la mort par septicémie, le curetage à vif par des médecins sadiques et, pour certains catholiques, la prison ou la guillotine.

Marc Aillet expliquait qu’il veut, sur l’avortement, un réveil de consciences anesthésiées. Il disait : « Ce n’est pas un progrès quand, pour résoudre un problème, on supprime une vie humaine ». Il disait également son « refus d’opposer dans ce débat le droit des femmes et le droit des enfants ». Puis il expliquait que l’Église a toujours défendu les plus vulnérables, et qu’à ce titre, le rôle de l’Église est de défendre les migrants, qu’il décrit comme fuyant la guerre et les persécutions.

Affirmations bien contradictoires entre elles alors que nombre d’arrivants « migrants » ou « réfugiés » commettent des viols, et alors que les syndicats patronaux se réjouissent ostensiblement de l’arrivée de réfugiés comme nouvelle main-d’œuvre que le FMI recommande d’employer sous les salaires minimaux.

Les féministes craignent la réouverture du débat sur l’avortement, car elles craignent le retour des grossesses forcées, du mépris pour la vie des femmes et pour les enfants ainsi conçus au nom des « droits » des hommes sur le corps féminin. Ce genre de tweets ne peut qu’aggraver nos craintes.

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