Un Italien libéral et conservateur à la tête du Parlement européen

C’est l’Italien Antonio Tajani qui succédera à Martin Schulz à la tête du Parlement européen pour les 30 prochains mois. Il a été élu, après quatre tours de scrutin, mardi 17 janvier, par 351 voix contre les 282 de son rival et compatriote du Parti socialiste européen (PSE) Gianni Pittella. Homme de droite libéral et conservateur, il est membre du premier groupe du Parlement, le Parti populaire européen, dit PPE (mais ne nous fixons pas sur les mots, les premiers n’étant pas plus “socialistes” que les seconds “populaires”), mais devra gouverner une majorité instable.

Ancien officier de l’armée de l’air, puis journaliste, il sera introduit sur la scène politique italienne par Silvio Berlusconi, dont il restera un des proches conseillers, et avec lequel il participera à la fondation de Forza Italia. L’homme n’est pas nouveau à Strasbourg puisqu’il a été élu plusieurs fois député européen à partir de 1994, et sera ensuite nommé commissaire européen au transport puis à l’industrie de 2008 à 2014.

De son curriculum vitae, on retiendra la victoire contre la fermeture de l’usine espagnole de Tenneco à Gijón, où une rue porte désormais son nom, et la procédure d’infraction contre l’administration publique italienne qu’il intenta, pour les retards dans les paiements dus aux entreprises – 200 jours en moyenne – qu’une directive européenne fixe à 30 jours.

Moins glorieuse, son implication dans l’affaire dite du Dieselgate durant son mandat de commissaire aux transports, où il aurait volontairement ignoré des avertissements sur les émissions supérieures aux normes des moteurs diesel produits par certaines grandes marques automobiles européennes. Pour cette raison, on le dit lié à différents lobbies.

Cela fait 40 ans qu’un Italien n’avait pas occupé la charge de président du Parlement européen. Si la nationalité au sein de l’oligarchie n’a que peu d’importance, cette élection pourrait cependant modérer les velléités autoritaires allemandes de la présidence de son prédécesseur.

À lire aussi

Scandale en Italie : des enfants arrachés à leur famille et vendus

À cheval entre le thriller et le film d’horreur... …