Quand on n’est pas soigneux avec ses affaires et à force de les égarer, ça finit par arriver tôt ou tard. Ainsi, en Italie, énorme cagade à l’hôpital romain Sandro-Pertini, à en croire le quotidien La Stampa. De quoi s’agit-il ? D’un truc tout bête. D’une femme qui attendait qu’on lui injecte un embryon dans l’utérus. Mais là, pas de chance…

Eh oui, laborantines et laborantins, lointains descendants du baron Frankenstein, se sont mélangé les pinceaux dans leurs éprouvettes, lui injectant des embryons de jumeaux, venant du ventre d’une autre femme et conçus avec on ne sait qui. Bon, c’était toujours des lardons, mais pas les siens…

Du coup, l’hôpital fautif vient d’arrêter le grand bazar et une commission d’enquête vient d’être nommée ; tel qu’il se doit dès qu’un gouvernement digne de ce nom entend enterrer une affaire.

On attend la suite. Imaginez… Les jumeaux, issus d’un ventre sénégalais, puis délocalisés dans l’utérus d’une comtesse de la haute société romaine, ça promet pour les repas de famille… Certes, l’Italie mussolinienne eut des visées sur l’Éthiopie, mais il y a prescription depuis. Quoique le contraire pourrait être aussi cocasse : une mère calabraise qui accoucherait d’un petit blondinet de Lombardie.

Sans jouer les vieux réactionnaires, nous serait-il permis de rappeler qu’en d’autres temps, les enfants se faisaient à l’ancienne : papa dans maman, en d’autres termes. La mère, c’était sûr ; le père, c’était peut-être, mais au moins cela restait-il plus ou moins en famille.

Et aujourd’hui ? Les femmes riches abandonnent quelques picaillons aux femmes pauvres, juste histoire d’éviter les vergetures. On achète les enfants au lieu de les faire. Récemment, une milliardaire américaine a même renvoyé son enfant russe adopté à Moscou. Motif ? Il ne lui plaisait plus. C’est le service après-vente à tous les étages. Pis, on loue ce même ventre, celui de ces mêmes femmes, sel de la vie. En Inde, il y a désormais des « fermes à enfants ».

Alors, évidemment, et comme toujours tout système monté de guingois finit par déraper, cet hôpital italien a fauté. Mais là, c’est aussi tout le monde qui déconne. Au fait, dernier petit codicille : on ne pourrait pas foutre la paix, certes aux parents, mais surtout aux enfants ? Et revenir à ce vieux truc tout bête, qu’on appelait autrefois amour conjugal et familial. Certes, il est des fois où l’on sait qu’on ne changera pas le monde ; mais il en est d’autres où des hommes et des femmes persistant à se tenir debout rétorquent : « Peut-être, mais le monde ne nous changera pas. » Le bréviaire est sommaire, mais tient la route.

14 avril 2014

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