Alors que les revers militaires se succèdent sur le terrain pour l’État islamique, ce dernier vient de rappeler, avec l’ de l’aéroport d’Istanbul (43 morts et 239 blessés au dernier bilan), qu’il ne perd rien de ses capacités de nuisance.

En réalité, les succès remportés en et en par les forces de la coalition sur les combattants de Daech étaient parfaitement prévisibles. Dans ce conflit asymétrique qui voit s’opposer des forces aux capacités opérationnelles disproportionnées, l’issue des combats, à plus ou moins long terme, ne faisait aucun doute.

Ainsi qu’en atteste cette nouvelle attaque meurtrière en Turquie, c’est sur un autre terrain que le califat compte enregistrer ses victoires et, ainsi, marquer les esprits. Car ne nous y trompons pas : l’éradication, sur le plan militaire, de l’État islamique ne signifiera en aucun cas sa disparition. Bien plus : réduit à cette forme de combat souterrain que constitue le terrorisme, il sera plus fort que jamais puisque agissant cette fois-ci selon des méthodes qu’il connaît et qu’il maîtrise parfaitement. C’est pour cette raison que le combat qui s’annonce sera long, meurtrier et difficile à parer.

Pour espérer l’emporter, il convient donc de ne pas confondre causes et effets. Daech et ses satellites ne sont que le point d’émergence d’un islamisme radical qui ne cesse de se développer et de progresser dans le monde. En ce sens, il n’est que la manifestation d’un effet destructeur porté par une idéologie à la fois multiforme et impitoyable.

Pour cela, c’est donc aux racines du mal qu’il faut s’attaquer. Cela suppose, d’abord, que l’on nomme le mal en question, puis que l’on ait la volonté de le combattre sur tous les plans (politique, militaire, diplomatique, économique) et par tous les moyens.

L’État turc vient certainement de payer le prix d’une attitude pour le moins ambiguë dans sa . Membre de l’OTAN et de la coalition, la Turquie s’est montrée, pendant un temps, plus que complaisante avec le califat, lequel a pu, pendant des mois, se livrer à tous les trafics sous le regard indulgent d’Ankara. Écartelé entre son désir de satisfaire ses alliés occidentaux afin de pouvoir rejoindre l’ le moment venu et son souhait de jouer les arbitres sur le plan régional, Erdoğan est en train de voir la situation lui échapper.

Fort de cet exemple, les pays d’Europe occidentale, cibles privilégiées des attaques terroristes, doivent comprendre la dangerosité du double langage (avec la Turquie, notamment) et des alliances contre-nature (, Qatar, etc.).

Ainsi, pour lutter efficacement contre ce nouveau terrorisme politique, il suffit de se rappeler que la du califat est claire et sans détour : il faut tuer tout représentant, en uniforme ou non, de l’État où vit le djihadiste, en attente de la reprise du territoire ou de sa prise par l’armée régulière du califat. Et peu importe le temps que ça mettra. Istanbul n’est qu’un avertissement de plus !

30 juin 2016

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