La Conférence de sur le Proche-Orient vient de se terminer ce dimanche. Consacrée à l’éternel mistigri d’un éventuel règlement de paix entre Palestiniens et Israéliens, elle portait bien la marque du Président François Hollande, hôte de ces lieux, sachant que malgré soixante-dix nationalités représentées, deux manquaient à l’appel, et pas des moindres : les Israéliens et les Palestiniens.

Il était donc assez logique que les résolutions finales soient marquées du sceau hollandais : soit à peu près être en capacité d’inverser la courbe de la violence entre belligérants, lui Président, pour reprendre la sémantique du scootériste masqué.

D’humeur décidément très chrétienne, Le Figaro évoque donc un « bilan en demi-teinte ». Encore plus chrétienne est la position du quotidien libanais de référence, L’Orient-Le Jour, qui parle d’une « conférence de la main tendue et de l’espoir ». Tout aussi charitable est celle du quotidien La Croix : « La solution “à deux États” est la seule issue viable au conflit israélo-palestinien. […] Il s’agit de rappeler ce qui est essentiel pour un processus de paix, pas plus, mais pas moins, explique-t-on au Quai d’Orsay. » Plus jésuite, on ne fait pas.

Chez d’autres confrères orientaux, plus directement concernés, on remarquera que ni Le Soir ni le Tehran Times, journaux incontournables en comme en , n’ont daigné accorder la moindre ligne à ce que l’on peut qualifier sans grand risque de non-événement.

Mais quelle idée, aussi, de lancer telle réunion alors qu’à l’Élysée comme à la Maison-Blanche, les déménageurs chargés de trimballer les cartons des administrations en fin de mandat sont plus nombreux que les diplomates en exercice ? Du coup, USA et ont assuré le service minimum en envoyant de simples petits télégraphistes.

Quelle lubie, encore, pour en revenir au début de ces lignes, d’entendre statuer sur le sort futur des Israéliens et des Palestiniens, sans que Palestiniens et Israéliens ne se retrouvent à la table des négociations ?

Il est, néanmoins, à mettre au crédit de François Hollande qu’il n’est pas le seul à pratiquer cette sorte de non-diplomatie consistant à parlementer avec tous, hormis ceux ayant pouvoir de négocier et, par la même, de décider…

On veut bien prendre langue avec les Syriens, hormis avec le président . Tel Aviv accepte de s’asseoir à la même table que les représentants de l’OLP, à condition qu’ils ne soient pas accompagnés de leurs homologues du . On consent à discuter au Liban avec tous les protagonistes en présence, mais sans prendre langue avec le Hezbollah. On veut bien l’Amérique sans Donald et la Russie sans Vladimir Poutine. Tout comme le MEDEF accepta longtemps d’accueillir tous les partis politiques à l’exception, pour l’instant, du Front national. Et c’est ainsi qu’on peut se retrouver seul, condamné au monologue.

En ce sens, reconnaissons au moins à François Hollande d’être, pour une fois, au diapason de ses homologues.

16 janvier 2017

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