Les grandes peurs se suivent et, fortuitement, se ressemblent. Peur de l’an 1000 en attendant celle de 2012. Peur du soldat soviétique qui, au lendemain du 10 mai 1981, devait camper sur les Champs-Élysées, tandis que la gauche au pouvoir craignait le golpe d’un Pinochet français. Même pas dans leurs rêves…

Puis, la grande frousse de l’extrême droite – pardon du Quatrième Reich en devenir –, dont les réseaux qui, telle une vilaine pieuvre, étendaient leurs méchants tentacules sur le « Monde libre ». Ben tiens, t’as qu’à croire. Car pour qui connaît un brin cette nébuleuse, le bidule tenait plus de « La Septième compagnie au clair de Lune » que des « Phalanges de l’Ordre noir ».

Maintenant, le grand diable, le vilain méchant : l’islamiste de combat. Voilà qui tombe bien, les médias nous le rabâchant en permanence. Certes, il y a eu des rafles dans ce milieu. Sévères, ces rafles… Des déclassés sociaux qui auraient jeté une grenade dans une épicerie et d’autres qui auraient tiré des balles à blanc sur un restaurant. République en danger et France en péril ! Puis, des armes découvertes dans un parking. Sept suspects déférés et cinq relâchés : la belle affaire…

Ainsi, faut-il savoir que depuis le conflit yougoslave, les armes de guerre déferlent sur notre territoire. Du coup, les voyous de tous bords et de toutes confessions ont eu tout loisir de s’armer. Et de tuer. Des bijoutiers, par exemple. Qu’ils soient juifs ou non. Mais c’est sur la canaille néo-islamiste que se braquent aujourd’hui les projecteurs.
Soit un sous-prolétariat qui, après avoir échoué dans le rap ou le foot, cherche, dans l’ de combat, prétexte à mettre en scène leur non-vie tout en cherchant un brin de reconnaissance médiatique, la seule qui vaille depuis l’émergence de la télé-réalité…

Bref, c’est avec des diables peints sur les murs qu’on entend nous faire peur. À ce titre, les piqures de serpents en Inde font cent fois plus de morts qu’un « terrorisme islamiste » dont on voit bien, qu’après avoir été théorisé et financé par les USA durant la guerre d’Afghanistan, il n’est plus qu’une machine à réduire les libertés publiques – voire le Patriot Act américain – et à tenter, pour le parti hollandais, de remonter dans les sondages.

« N’ayez pas peur ! », nous intimait Jean-Paul II…

Nous n’avons pas peur. Et surtout pas des guignols.

12 octobre 2012

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