Armées - Editoriaux - Politique - Religion - 14 décembre 2015

Islam et Porte Avion Charles de Gaulle

Le porte avion Charles de Gaulle est parti pour la Syrie.

A son bord, 1/10 ème des militaires embarqués sont de confession musulmane (source Olivier Roy, le spécialiste bien connu de l’Islam). La première question qui va se poser est : accepteront-ils de contribuer à lutter contre leurs frères de même confession ? C’est une question qu’on est en droit de se poser car le passé nous a déjà appris que le refus de combattre s’est posé, voire transformé en mutinerie. En effet, en 1999, à bord du porte-avion Foch, des marins s’étaient mutinés pour s’insurger contre des frappes sur le Kosovo, considéré comme un sanctuaire islamique. En 2009 des militaires musulmans refusaient de partir en Afghanistan contre leurs frères de religion.

On pourrait penser que le cadre militaire nous protège de révoltes communautaires au sein même de notre « outil » de défense. Il n’en est rien. En 1990, Jean-Pierre Chevènement avait reçu un rapport sur les Beurs et le service national qui précisait que « les JFOM (jeunes Français d’origine maghrébine) commettent 3,5 fois plus de désertions, 6 fois plus de refus d’obéissance, 6 fois plus d’outrages à supérieurs et 8 fois plus d’insoumission  » (source : Centre d’études sur la sélection du personnel de l’armée de terre).

Or, ces dernières années, il semble que le communautarisme se développe doucement, mais surement, dans les rangs de l’armée, et principalement dans la marine. En effet, le caractère confiné d’un navire de guerre ne permet pas aux musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent: 5 prières par jour, refus du porc à la cantine, ramadan.

Même si on peut constater que tous les musulmans ne pratiquent pas un islam rigoureux et s’adaptent aux contraintes évidentes de la vie militaire, des réunions s’organisent dans les chambres des militaires musulmans pour parler de religion et prier ensemble. On ne peut qu’espérer que ces réunions se déroulent en présence d’aumôniers triés sur le volet pour éviter toutes dérives. De plus, certains de ces musulmans demandent des aménagements (principalement alimentaires) pour être en conformité avec leur religion , je comprendrais cela dans le cadre d’une conscription. Mais là, il s’agit bel et bien d’engagement volontaire (et j’insiste sur le mot volontaire)..

En tant qu’ancien engagé dans la Marine Nationale, je peux vous dire que lorsque l’ on signe son engagement, c’est en parfaite connaissance de cause ; personne ne vous force et vous êtes  suffisamment informé sur les contraintes que cela entraîne.

C’est donc là, que commencent mes inquiétudes sur l’unité militaire, car, bien que le mot unité soit devenu en ce moment un outil politique, dans le cadre militaire, il a bien d’autres significations. La première est que, pour rester opérationnelle, notre armée doit pouvoir compter sur chacun de ses soldats, et ce, quel que soit leur rang et à n’importe quel moment. Pas question de religion, couleur de peau ou autre prétexte pour se soustraire à ses obligations.

La deuxième, et peut-être la plus importante, est qu’un militaire engagé se bat pour sa patrie et non pour sa religion qui doit , encore plus dans l’armée, rester dans sa sphère privée.

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