Le 8 février 2006, il y a tout juste neuf ans, Max Gallo, romancier et historien, ancien député socialiste, porte-parole du gouvernement Mauroy III et cofondateur du Mouvement des citoyens avec Jean-Pierre Chevènement, signait, dans Le Figaro, un article en réaction à l’affaire des caricatures de Mahomet : « Islam : ne rien abandonner à la de l’apaisement ».

L’article commençait ainsi : « Aurons-nous demain le courage – et la possibilité – d'exprimer ce que nous pensons, vrai ou faux, de l'islam ? Ou bien, au moment de dessiner une caricature, d'écrire, de publier, ou tout simplement de parler, et même de penser, devrons-nous nous autocensurer, nous souvenant des foules déchaînées incendiant des représentations diplomatiques du Danemark et de la Norvège, ces deux pays qui sont parmi les plus pacifiques, les plus démocratiques de tous les États du monde ? »

Comme pour lui donner raison, quelques mois plus tard, le 12 septembre 2006, l’érudit discours de à Ratisbonne sur le rapport entre raison et foi qui condamnait la violence exercée au nom de la provoquait moult violences dans le monde musulman.

Une semaine plus tard, le 19 septembre, était publié, dans Le Figaro, un autre article écrit par Robert Redeker. Cet article qui s’intitulait « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? » vaut à son auteur de vivre encore aujourd’hui dans la clandestinité et sous protection policière.

Max Gallo concluait son article par un détour dialectique, une sorte de soumission houellebecquienne avant l’heure : "On peut aussi envisager une capitulation rampante qui se donnerait la bonne conscience de la sagesse et de l'esprit de responsabilité. [...] pourquoi ne pas cesser de résister ? Va-t-on se battre pour douze caricatures sinistres ? Et allons au bout : l'Empire romain a été conquis par le christianisme ; pourquoi l'islam ne serait-il pas la nouvelle conquérante ? On s'adaptera. On se convertira. Il faut oser regarder ces choix en face. Que voulons-nous défendre de ce que nous avons acquis, siècle après siècle ? Que sommes-nous prêts à abandonner ? Par réalisme ? Par sagesse ? Ou par lâcheté ? Au temps de Munich, en 1938, ce dernier mot avait un synonyme, employé par les diplomates : apaisement."

Max Gallo qui prend une retraite bien méritée sous la Coupole, son île de Caprera en quelque sorte, nous manque. Ce Niçois, dans le sillage d’un Garibaldi ou d’un Blanqui, fut lors des événements de l’automne 2005 l’un des très rares courageux à aborder la dimension confessionnelle du soulèvement au milieu des couards qui cherchaient à conjurer le sort en ne voulant pas que ce soit autre chose que du social. Entre les "pogromes antirépublicains" d’ et le "basculement civilisationnel" de Régis Debray, nous avions avec Max Gallo une articulation, une proposition politique.

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10 février 2015

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