Editoriaux - Politique - 19 mars 2019

Islam, migrants, attentats, violences sur les Champs-Élysées… Sommes-nous gouvernés par des naïfs ?

La question apparaît saugrenue, tant il est vrai que gouverner exige lucidité, clairvoyance et réalisme.

Sans remonter à la confession de Lionel Jospin en mars 2002 – “J’ai péché un peu par naïveté…” – qui lui valut, à l’époque, une volée de bois vert et, vraisemblablement, d’être sévèrement battu l’année suivante, dès le premier tour des élections présidentielles, l’actualité récente nous interpelle justement sur cette question.

Il y a quelques jours, j’ai participé, au Parlement fédéral belge, à une conférence sur le thème de “l’influence de l’islam radical sur les migrants”, conférence à laquelle participaient des parlementaires suédois, italiens (dans l’opposition au gouvernement actuel), espagnols, belges et allemands, ainsi que des représentants d’ONG des droits de l’homme et associations musulmanes intégrées revendiquant leur citoyenneté belge.
Tous les intervenants ont souligné l’influence bien réelle de l’islam radical sur nombre de migrants qui entrent en Europe sans que les gouvernements prennent la mesure des risques et des enjeux de sécurité.

L’attentat d’Utrecht commis par un Turc radicalisé illustre, malheureusement, la naïveté du gouvernement hollandais dont il n’a pas l’exclusivité ; ce terroriste était bien connu des services de police et, après un séjour en Turquie, il est rentré sans difficulté aux Pays-Bas au lieu d’être expulsé.

Naïveté, aussi, dans les événements sur les Champs-Élysées qui étaient prévisibles en raison de l’arrivée d’éléments d’extrême gauche venant d’Italie et d’Allemagne. Face aux émeutiers – par crainte qu’il puisse y avoir des blessés, voire des morts -, le gouvernement a laissé les casseurs prendre le haut du pavé, et ils ont détruit à l’envi, au grand dam des Français.

Cette situation n’a plus rien à voir avec le droit de manifester, elle est insurrectionnelle ; il n’y a qu’une réponse possible : rétablir l’ordre par la force ou alors subir la loi des insurgés.

La réponse du gouvernement relève du “politiquement correct”, il limoge le préfet de police, mais n’ose affirmer que l’ordre sera dorénavant rétabli par la force ; il apparaît tétanisé et avoue sa faiblesse. À cet égard, le pouvoir apparaît plus faible que certains gouvernements faibles de la IVe République qui ont su maintenir l’ordre – en 1948, pour ne prendre qu’un exemple.

La naïveté de nos gouvernements se conjugue désormais avec une lâche irresponsabilité, mais qu’ils prennent garde, la chute n’est pas loin, car “ce qui rend la naïveté si gracieuse, c’est qu’elle n’est pas faite pour durer” (Antonin Rondelet, Réflexions de littérature et de philosophie, de morale et de religion, 1881).

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