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Editoriaux - Politique - 25 novembre 2016

Si, Isabelle, vous auriez dû aller voter Poisson

Parce qu’à force de regarder le Poisson à travers votre filet de pêcheur, vous semblez perdre de vue l’océan. Un brin condescendante envers un politique, auquel vous ne pouvez enlever ni la cohérence ni la constance, vous feignez de ne pas connaître les fissures de votre bateau.

Alors oui, LR, ce n’est pas le bonheur. Mais croyez-vous vraiment qu’entre un clan Philippot et autres fossoyeurs de la droite catholique, il existe une place pour Poisson. Marion, dans votre appareil purifié, préserve sans doute autant – si ce n’est plus – sa place par son nom que par ses convictions. D’autres, en son sein, qui ne le portaient point, ont pu goûter aux joies des purges staliniennes pour ne pas avoir su être en phase avec l’appareil. Question liberté individuelle, on a vu mieux, diriez-vous.

Vous connaissez des conseillers régionaux PCD frileux devant le Pass Contraception mais aussi, sans doute, des cadres patriotes pour qui l’avortement est un droit fondamental. Cela ne vous rappelle rien ?

Alors non, Poisson n’a pas “trumpé” la primaire. Il a même pris une claque. Et ce pour quoi nous nous battons aussi, par la même occasion. Voter pour lui ne l’aurait, certes, pas fait gagner. Mais cela n’aurait pas fait d’ombre à celle que vous appelez son alter ego, pas même à la victoire retentissante de Fillon.

Voter pour lui, en revanche, aurait sans aucun doute donné un message de soutien fort et ferme à cette frange de patriotes que l’on traite d’arroseurs de bonzaïs. C’était faire d’une pierre deux coups ; dommage.

Oui, le syndrome Sens commun, mi-Boutin mi-Mariton, nous écœure. Pointe visible de cette bourgeoisie chrétienne qui nous enfonce depuis trop longtemps, et que décrit fort bien François Teutsch dans son post du 21 novembre.

Mais comme le dit l’Aquinate, les bâtisseurs de cathédrales n’étaient pas un club de parfaits dévots. Certains venaient pour Dieu, d’autres pour l’art, d’autres encore simplement pour travailler. Il est malhonnête d’exiger d’adhérer au parti quand la primauté doit être l’adhésion à cette vision de la France que nous défendons. L’essentiel est l’édification de la cathédrale. Perdre de vue cette simple évidence pourrait bien nous faire dire encore, en 2017… dommage !