Editoriaux - International - Sport - 21 juin 2016

Irons-nous jusqu’à refouler les athlètes russes des prochains JO ?

La Fédération internationale d’athlétisme vient d’interdire aux Russes de participer, cet été, aux Jeux de Rio pour cause de dopage. Mais, pire encore, Dick Pound, patron de l’Agence mondiale antidopage, a envisagé, dimanche, que cette exclusion pourrait concerner l’ensemble de la délégation russe. Le Comité des Jeux olympiques n’a heureusement pas encore entériné cette décision. Car, enfin, ce que nous n’avions pas osé faire à Hitler en laissant nos athlètes participer aux Jeux olympiques de Berlin, en 1936, nous le concrétisons à l’encontre des athlètes russes.

Déjà, en 1980, il y eut le boycott des Jeux olympiques de Moscou par les États-Unis en représailles à l’intervention soviétique en Afghanistan et, quatre ans plus tard, le refus de l’URSS de participer aux Jeux olympiques de Los Angeles !

En réponse à la décision de l’AMA, Vladimir Poutine a affirmé calmement : « Il n’y a pas et il ne peut y avoir aucun soutien de l’État sur le dopage. » Il avait, d’ailleurs, expliqué dès le mois d’avril que « le Meldonium n’a jamais été un produit dopant et n’a pas d’impact sur les performances des athlètes ».

 Le monde occidental semble être pris d’une hystérie anti-Poutine qui atteint le peuple russe dans son cœur. Le désamour envers la Russie est d’ailleurs désapprouvé par le peuple occidental qui serait plutôt pro-Poutine, comme l’est, à 80 %, le peuple russe. Un pourcentage qui fait bouillir de jalousie notre malheureux Président dont la cote d’impopularité atteint ces mêmes 80 %.

Alors, quelle sera la réponse russe à cette dernière humiliation ? Pour l’instant, Vladimir Poutine reste plutôt calme, quand bien même il ne cesse d’être provoqué. Comme, par exemple, depuis quelques mois, par les manœuvres qu’exécutent les troupes américaines devant l’ancien rideau de fer. Comme les sanctions financières, économiques et désormais sportives qui s’accumulent.

La campagne contre la Russie de Vladimir Poutine a débuté avec l’annexion, ou plutôt le retour de la Crimée à la mère patrie, puis avec la révolution de palais à Kiev, largement financée et provoquée par Washington. Je vous suggère de regarder Madam Secretary, un feuilleton américain (le dimanche sur Teva) qui montre l’Ukraine sous la coupe des USA. Il y a toujours l’embargo, le blocage des comptes d’oligarques russes. Il y a eu cet avion russe abattu à la frontière turque par un chasseur turc membre de l’OTAN. Et, tout récemment, la France a accusé les supporters russes de l’Euro 2016 d’être responsables des affrontements violents de Marseille alors que, photos à l’appui, les « jeunes » descendus des quartiers nord n’étaient pas les derniers à se bagarrer. Peu importe, on refoule du territoire français un car entier de supporters (tiens, on a retrouvé nos frontières, pour l’occasion ?) et on condamne à de la prison ferme une poignée de Russes tout en imposant une amende de 150.000 euros à la Fédération russe de football.

Le peuple russe supportera-t-il encore longtemps ces humiliations ?

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