Yézidis, chrétiens d’Orient, kurdes et même chiites, des centaines de milliers d’hommes, de femmes, de vieillards, d’enfants, sous l’empire d’une indicible terreur, fuient devant l’offensive déclenchée par un implacable ennemi que n’arrêtent ni la crainte ni la pitié et qui ne leur laisse le choix qu’entre la soumission et la mort. Alors, au risque de périr de faim, de soif, d’épuisement, ils ont pris à travers plaines et montagnes le chemin d’un exil incertain, abandonnant peut-être pour toujours la terre où ils sont nés, où ils ont vécu et avant eux leurs pères et les pères de leurs pères. Le drame qui se noue et qu’annonçaient en vain les prophètes qui, comme on sait, crient dans le désert dépasse en intensité et en cruauté tous les autres conflits qui retiennent notre attention ou suscitent notre inquiétude à l’heure actuelle. C’est ce dont viennent enfin de s’apercevoir les impuissants qui nous gouvernent.

Tout en excluant, en tout cas pour l’instant, d’envoyer des troupes au sol, Barack Obama, l’homme qui avait promis de mettre fin à l’engagement américain en Irak et en Afghanistan, vient d’autoriser le bombardement ciblé des qui prétendent étendre l’ombre sinistre de leur califat sur toute la région. Le président américain aurait-il pris conscience de la responsabilité qui pèse sur lui, sur son pays et sur ses peu recommandables alliés arabes dans le déchaînement du chaos qui emporte dans un tourbillon de folie tout le Moyen-Orient, et de l’urgence de réagir ?

Pas en reste dès l’instant que son maître américain lui en donnait l’autorisation, la France, par la voix de son Président, a fait savoir aux dirigeants du Kurdistan irakien qu’elle était prête à les aider – comment, jusqu’à quel point, avec quels moyens, c’est ce qui n’est pas précisé – à lutter contre les djihadistes. Il n’est pas exclu que, dans la foulée, s’avise enfin qu’il y a incompatibilité entre le soutien aux qui tentent depuis trois ans d’abattre le régime syrien et l’incarcération préventive ou a posteriori des volontaires qui s’engagent dans ce combat.

La France, l’Occident, les États membres du Conseil de sécurité, les Nations unies sont-ils résignés à laisser le drapeau noir des intégristes de l’ flotter sur musulman ou à se mobiliser contre le danger que cette fraction extrémiste fait peser sur la civilisation et sur la paix ? Il faut décidément choisir.

Les écailles sont-elles enfin en train de tomber des yeux de ceux qui ne voulaient pas voir ? Mieux vaut tard que… dit l’adage. Sans doute, à condition qu’il ne soit pas trop tard.

8 août 2014

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