Cinéma - Editoriaux - Santé - Table - 7 avril 2015

Interdiction de la cigarette dans le cinéma français : “L’art doit être déontologique !”

Vous ne connaissez pas Michèle Delaunay ? Normal, c’était une ministre du gouvernement Ayrault, et ce n’est pas le concours de tee-shirts mouillés gouvernemental qui lui aurait donné des chances de monter sur le podium.

Mais aujourd’hui, vous allez en entendre parler, parce qu’elle est l’auteur d’une proposition authentiquement délirante, visant à interdire toute représentation de la cigarette dans les films français. Images qu’elle assimile selon les termes de la loi Évin, à de la propagande ou de la publicité ! Et cela, bien sûr, au prétexte de nous protéger de la fâcheuse manie de pétuner. Puisqu’on vous dit que c’est pour votre bien !

Évidemment, certains bons esprits lui ont prudemment fait remarquer que le cinéma étant un art, et non un espace public, cette proposition avait peut-être quelque chose d’excessif. Pas de quoi démonter l’impudence infatuée de Tatie Michèle, selon qui “l’art doit être déontologique”… Voilà réitérée dans sa pureté de cristal la revendication d’un art officiel modèle URSS ou IIIe Reich ! Cela faisait un moment que le socialisme faisait émerger des personnalités intéressantes mais là, honnêtement, on est à la limite du phénomène de foire.

On peut se demander pourquoi, portée à un tel point d’incandescence, l’intelligence de cette nostalgique de la Reichskulturkammer ne la pousse pas à des propositions encore plus “progressistes” pour le cinéma ? Supprimons des scénarios les scènes de tables alcoolisées, de crimes, de violences, de prostitution ou de poursuites en voiture… Il ne restera plus grand-chose de notre production cinématographique, mais la France sera plus saine et plus sûre !

Mais ce qui sera le plus difficile à éradiquer des écrans français, c’est la vacuité intellectuelle des gens qui se regardent le nombril avec admiration. Ce qui laisse à madame Delaunay une chance de monter les marches du festival de Cannes…

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