a été élu aux dernières élections municipales toulousaines, en grande partie grâce au dégoût que suscitait son prédécesseur, Pierre Cohen. L’ancien édile était accusé, à juste titre, d’avoir fait de Toulouse un véritable coupe-gorge et d’avoir laissé le centre-ville se dégrader.

Monsieur Moudenc promettait de rétablir l’ordre, de rendre Toulouse aux Toulousains. Il n’a pas tenu promesse et s’acharne à faire le contraire de ce pour quoi il a été choisi comme maire. Tant en augmentant lourdement la fiscalité locale, alors qu’il s’était engagé dans sa profession de foi à la stabilité fiscale, qu’en laissant l’insécurité prospérer dans la ville. Il faut rajouter à ce triste bilan le fait que Jean-Luc Moudenc n’est pas étranger à la désignation de Dominique Reynié comme tête de liste des « Républicains » pour la présidence de la nouvelle région Languedoc-Pyrénées. Sa popularité n’est donc pas plus haute au sein de sa famille politique qu’auprès des habitants de Toulouse et de la Haute-Garonne.

L’homme doit désormais faire face à des rébellions de Toulousains en colère. Lesquels, espérons-le, sanctionneront sa formation politique aux prochaines élections régionales, comme ils l’ont fait aux élections départementales, avant même que ne soit voté le racket fiscal imposé par la mairie.

Le dernier crachat municipal à la face des habitants de Toulouse est la construction d’un village rom supplémentaire à Paléficat, quartier situé au nord-est de la ville, coincé entre le périphérique et la rivière de l’Hers. Cela fait un peu plus de dix ans que la mairie exproprie, ou use de son droit de préemption, pour se constituer une réserve foncière. Déjà, sous la mairie socialiste, les habitants s’étaient mobilisés pour exprimer leur opposition aux expropriations à vil prix dont ils souffraient, et aux installations, en parallèle, de gens du voyage sur certains terrains nus. Peut-être même ont-ils voté pour Jean-Luc Moudenc afin de sanctionner la politique de Pierre Cohen, et de celui qui était alors son adjoint à l’urbanisme, Daniel Benyahia.

Pourtant, rien n’a changé avec l’arrivée de la droite très molle. Au contraire, la situation empire. Ce sont maintenant trente-deux bungalows qui vont être édifiés pour loger une soixantaine de personnes issues de la communauté rom, originaires de Bulgarie et de Roumanie. Ce « village », aux allures de bidonville, apportera avec lui de nombreux désagréments, en matière de sécurité des biens et des personnes évidemment, mais aussi en matière économique. Qui peut, en effet, douter du fait que l’installation d’un village rom fera considérablement baisser la valeur des biens immobiliers de Paléficat ? Il faut renvoyer ces en Roumanie ou en Bulgarie. La mairie doit déclarer ne pas être en mesure d’assurer leur accueil.

Comme l’a déclaré une riveraine au micro de France Bleu : “Pour nous, c’est trop, on a déjà notre quota : on a un accueil d’urgence de 20 familles avec caravanes, un squat avec 8 SDF et des chiens. Ca suffit !” Oui, cela suffit. La mairie de Toulouse n’apporte pas le « mieux vivre à Toulouse », mais le mal vivre à Toulouse. Et ce n’est que le début. De nombreux projets urbanistiques sont dans les tiroirs, notamment en application de la loi ALUR. La couronne toulousaine et le centre ville verront bientôt fleurir de nouveaux grands ensembles de logements dits « sociaux ». Attendons-nous à voir débarquer de nouveaux arrivants, et probablement des clandestins répartis par l’Union européenne.

Les victimes seront une fois de plus les Toulousains, dont la ville s’est transformée depuis dix ans en petit Chicago du Sud-Ouest. L’alternance doit faire place à l’alternative.

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