Editoriaux - Education - Santé - Société - 26 avril 2019

Inclusion des élèves handicapés à l’école : plaidoyer en faveur des ULIS !

À l’initiative des députés communistes, une commission d’enquête parlementaire sur l’inclusion des élèves handicapés à l’école a été créée à l’Assemblée, il y a quelques semaines. Les rapporteurs de cette commission ont auditionné Jacques Toubon. Il leur a remis un rapport, le 10 avril dernier, mentionnant notamment la nécessité que « l’école s’adapte, en formant les enseignants ou en adaptant la scolarité, aux besoins des enfants en situation de handicap ».

Depuis la loi du 11 février 2005, l’inclusion des élèves handicapés en milieu ordinaire est un droit fondamental. Même s’il est vrai qu’on constate, depuis cette époque, des améliorations, puisque aujourd’hui, près de 340.000 enfants handicapés sont scolarisés en milieu ordinaire, dans les faits, on s’aperçoit, malheureusement, que cette amélioration est bien plus quantitative que qualitative.

La question de l’accompagnement de ces élèves est encore, aujourd’hui, un problème majeur ! On a longtemps réduit l’inclusion au simple accès physique à l’établissement scolaire, se préoccupant bien peu de la difficulté que pouvait poser, pour l’enseignant, le fait d’avoir un enfant handicapé au milieu d’une classe de 25 autres sans y être vraiment préparé. Il est nécessaire que ces enfants soient pris en charge par des professionnels de l’éducation et de l’enseignement formés tant sur le plan de la compréhension des phénomènes de handicap que sur la dynamique inclusive.

L’accompagnement a véritablement vocation à se développer au sein des écoles ordinaires plutôt que dans les établissements spécialisés. C’est la raison pour laquelle il faut aller plus loin encore en ce sens. Seulement, on ne peut pas se contenter de réduire la taille des classes dans lesquelles sont scolarisés des élèves en situation de handicap ; il faut, à l’instar de l’Italie, poursuivre la dynamique de ces dernières années et créer encore de nombreuses classes spécialisées. Je pense, bien sûr, aux ULIS (unité localisée pour l’inclusion scolaire), une classe dans laquelle est présent un enseignent véritablement spécialisé et accompagné d’un AVS collectif, à petits effectifs, où les élèves bénéficient, selon leurs possibilités, d’un temps de scolarisation dans une classe de référence.

J’ai conscience du fait que beaucoup d’associations ne sont pas favorable à cette solution, lui préférant l’idée d’inclusion en classe ordinaire. Mais soyons clair, le modèle actuel ne fonctionne pas comme il le devrait, notamment parce que tout n’a pas été fait pour que ce soit le cas principalement en termes de formation et d’accompagnement des enseignants.

Or, la question de l’accompagnement humain est centrale, lorsque l’on évoque l’inclusion scolaire. On doit faire l’effort de garantir une éducation, une scolarité et une formation de qualité à tous les enfants handicapés pour leur permettre d’être, autant que possible, sur un pied d’égalité avec les autres. Et cela passe par le développement des ULIS.

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