Il n’y a pas d’« immigration heureuse » ni au départ, ni à l’arrivée. Une immigration, surtout si elle porte sur des chiffres élevés, exerce forcément des effets traumatisants dans le pays de départ. Les migrants vont tout abandonner dans l’espoir, souvent déçu, d’une vie de félicité. Dans le pays d’arrivée, l’entrée en masse d’éléments étrangers par l’origine, la langue, les coutumes ne peut manquer, la première vague d’émotion passée, de produire des réactions de réserve, puis d’hostilité. C’est très exactement ce qui est en train de se produire en Europe, où les se ferment les unes après les autres devant l’arrivée d’une foule d’indésirables.

La France ne fait exception à cette règle, quoi qu’en disent les médias et, maintenant, les autorités religieuses au plus haut niveau. C’est entendu, la France est un pays généreux où le droit d’asile a toujours honoré notre pays. Mais, avant de se lancer tête baissée, au nom de la « tarte à la crème » de la France « terre d’asile », dans une nouvelle vague d’immigration d’une ampleur inégalée susceptible d’engendrer des réactions de xénophobie, certains faits doivent être tenus présents à l’esprit, au risque de passer pour un esprit grincheux.

En premier lieu, il faut rappeler que, depuis 15 à 20 ans au moins, notre pays accueille chaque année entre 200 et 250.000 immigrés, sans compter les clandestins, si bien que la France abrite aujourd’hui une population de clandestins non déclarés et non titulaires de « documents » estimée entre 300.000 et 500.000 personnes (selon les personnes bénéficiant de l’aide médicale gratuite, soit près d’un million), dont une très grand majorité de musulmans venant du Maghreb et d’ noire, et maintenant du Moyen-Orient. Ainsi s’explique que le pourcentage d’enfants d’immigrés scolarisés dans nos écoles se rapproche de 20 %, soit près d’une cinquième. Dans 10 à 20 ans, ces enfants deviendront adultes et constitueront un pourcentage relativement élevé de la population, soit un Français sur cinq.

En second lieu, il faut rappeler qu’en dehors de l’émotion suscitée par le spectacle désolant de ces cohues d’adultes et de leurs familles en route vers l’eldorado allemand ou français, l’installation d’adultes présente de redoutables problèmes d’assimilation et de cohabitation avec les populations d’accueil. Toute immigration de quelque ampleur est nécessairement déstabilisante dans l’immédiat, et plus encore à terme, en perturbant les équilibres établis dans la population d’accueil en termes de financement, de et de majorités électorales au plan local et national.

Une dernière considération est à prendre en compte. Peut-on sérieusement instaurer une politique d’immigration forcément importante, et donc coûteuse, sans prendre en compte l’avis des gens, c’est-à-dire celui de la population d’accueil ? La question s’est récemment posée en Allemagne, où Angela Merkel avait, dans un premier temps, avancé que son pays était prêt à recevoir un million de migrants. Mais la chancelière a été, sans tarder, contrainte de tourner casaque peu de temps après devant les réactions plus que réservées des pays voisins (Hongrie, Slovaquie, , etc.), vite débordés par les flots humains mis en mouvement par les déclarations allemandes, mais aussi et surtout par les répercussions franchement hostiles sur le plan intérieur, en Bavière notamment.

À la lumière de ces réactions, il apparaît que les dirigeants européens, Allemagne en tête, n’ont nullement pris conscience de l’importance des problèmes migratoires qui ne font pas partie de leur univers mental habituel. Or, les migrations d’aujourd’hui et, plus encore, celles de demain, représentent un phénomène démographique totalement inédit dans l’ du monde, en raison de l’énormité des flux migratoires mis en cause. De fait, les problèmes migratoires ne pourront plus être traités comme un élément relevant exclusivement et arbitrairement des pouvoirs régaliens de l’État. Il convient, donc, de mettre le public à l’épreuve et le placer devant ses responsabilités…

4 octobre 2015

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