Immigration : Ayako Sono met les pieds dans le saké !

Qu’une nation, quelle qu’elle soit, privilégie ses nationaux plutôt que les étrangers résidant sur son sol, c’est la règle communément admise sur la planète. Ce fut même le cas en France, avec la loi de préférence nationale à l’embauche, votée au Parlement, en 1935, à l’instigation de la CGT, de Roger Salengro et d’un certain Léon Blum ; ces deux derniers n’étant pas, faut-il le préciser, des nazis furieux.

Il s’agissait déjà, ici comme partout ailleurs, d’empêcher un grand patronat de tenir l’immigration comme “armée de réserve du capital”, pour reprendre l’heureuse expression de Karl Marx. Pourtant, si le débat demeure plus que jamais verrouillé en France, il semblerait qu’il soit un tantinet plus libre au Japon.

Ainsi, Ayako Sono (曽野 綾子), écrivain et conseillère du Premier ministre Shinzō Abe (安倍 晋三), vient-elle de créer un début de polémique en plaidant à la fois pour “une immigration de travail et pour la ségrégation”. Enfin, quand on évoque une “polémique”, il ne s’agit que de celle suscitée en Occident, parce que là-bas, de polémique il n’y a pas.

La phrase qui a déclenché ce grand bazar, révélé par Le Figaro : “Depuis que je me suis intéressée à la situation de l’Afrique du Sud, il y a vingt ou trente ans, je suis convaincue qu’il vaut mieux que les races vivent séparément, comme ce fut le cas pour les Noirs, les Blancs et les Asiatiques de ce pays. […] Les hommes peuvent faire beaucoup de choses ensemble : travailler, faire de la recherche ou du sport. Mais pour ce qui est de vivre, nous devons demeurer séparés.” Il est un fait, rappelle Le Figaro, que le Japon, pourtant fort de cent vingt millions d’habitants, naturalise trois fois moins d’étrangers que la Suisse, seulement peuplée de huit millions d’âmes.

Certes, les immigrés du Japon, même maltraités, estimeraient être toutefois mieux considérés que dans leurs pays d’origine. Nonobstant, ils ne sont pas tout à fait les bienvenus au pays du Soleil levant, mais qui pourtant en a cruellement besoin. En effet, le Japon, au même titre que la Chine, est une nation vieillissante qui prend de plein fouet, tout comme les pays arabo-musulmans, la mondialisation avec tout ce qu’elle comporte d’hédonisme, d’individualisme et de consumérisme. Il leur faut donc de jeunes bras afin de faire fonctionner la machine.

Et la question qui se pose pour eux – comme pour nous, même si formulée en d’autres termes – est la même : que vaut un peuple fatigué n’ayant même plus la force de faire tourner ses usines, de balayer ses rues et de vider ses poubelles ? En ce sens, la cohabitation multiethnique n’est finalement que petite monnaie d’une addition qui pourrait se révéler bien plus lourde à long terme. Ayako Sono nous aura au moins donné à réfléchir ; ce qui semble être exercice plus aisé qu’en France, pays dont les actuels dirigeants nous vendent comme historique berceau des libertés. Vaste blague.

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