Le 21 novembre dernier, Le Monde a publié un article : « François Hollande rend hommage à un Jacques Chirac affaibli. » Lors d’une cérémonie de remise de prix de la fondation Chirac, devant un parterre de ténors de la « Chiraquie », François Hollande a exprimé son « plaisir » à retrouver Jacques Chirac (qui avait dit qu’il voterait Hollande plutôt que Sarkozy), et salué les « combats » de l’ancien Président pendant ses mandats.

Mardi 26 novembre, France 3 a diffusé « La Rupture », œuvre de fiction politique de Laurent Heynemann, qui relate la première trahison de Chirac contre Jacques Chaban-Delmas lors de l’élection présidentielle de 1974, puis la décomposition de ses rapports de confiance avec Valéry Giscard d’Estaing au sommet de l’État. Le film évoque un dîner secret en 1980, avec François Mitterrand. Quelques mois plus tard, Chirac a lâché Giscard, et Mitterrand a été élu.

Les signes de complicité entre le Parti socialiste et le parti chiraquien s’étalent au grand jour ! Pour assouvir des ambitions politiques de bas étage, des accords secrets sont conclus entre camps « adverses », au plus grand mépris des inquiétudes légitimes et des espoirs naïfs de nos concitoyens.

Après les années gaullistes, la France n’avait plus un sou de dette. C’était un « petit dragon économique et politique » sur la scène mondiale. Le septennat de Giscard est celui de l’entrée en crise. Mais nombre des problèmes fondamentaux qui tuent la France aujourd’hui sont nés durant les années Mitterrand : retraite à 60 ans et croyance que l’on peut toujours travailler moins, accroissement des déficits et embauches massives de fonctionnaires, perte de compétitivité compensée par des dévaluations aujourd’hui interdites, instrumentalisation du Front national, gouvernement de circonstance avec des ministres communistes, ou écolos verts dehors et rouges dedans.

Dans un éclair de lucidité, on ne peut que s’interroger sur la réalité de l’existence de « l’UMPS », sans pour autant accepter les réponses du Front national. La situation actuelle de la France n’est-elle pas le résultat, sur 40 ans, de ces trahisons et absence d’éthique politique entre deux partis de gouvernement qui savent, par opportunisme, frayer ensemble, mais n’ont pas le courage de dire la vérité et réformer ? Ce système, aujourd’hui à bout de souffle, se traduit par un désamour vertigineux des Français : Le Monde aurait été bien inspiré de titrer « Un François Hollande au bord du gouffre rend hommage à un Jacques Chirac affaibli ».

En ce même mois de novembre, Nicolas Sarkozy, initiateur de tant de réformes structurelles et détesté par son « camp », a fait un discours à l’Assemblée nationale pour rendre hommage à… Jacques Chaban-Delmas. Le même combat au sein de la droite continue depuis quarante ans : va-t-il permettre un jour à notre pays de relever la tête, comme l’aurait voulu de Gaulle ?

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