Le pouvoir est vacant. Un État sans chef, un gouvernement sans pilote, un Parlement qui ne représente plus que lui-même ; des partis déconsidérés, épuisés en vaines querelles. Derrière le décor, le vide…

Impossible de ne pas penser au mot de De Gaulle à propos de Lebrun : « Au fond, comme chef de l'État, deux choses lui avaient manqué : qu'il fût un chef ; qu'il y eût un État. »

Regardez ces pantins de Guignol, qui règnent sur des ministères, sur les ruines d’une grandeur à laquelle eux-mêmes ne croient plus. Obsédés par des combines minables, dignes de Laval ou de Queuille, ils pensent remaniement, dissolution, cohabitation, réélection…

Il existe un autre choix : se donner à la France pour la conduire.

Henri Hude a récemment donné une conférence à Washington, et démontré que nous vivions la fin d’un système oligarchique qui se sait condamné et qui s’écroulera tôt ou tard, parce qu’il a atteint les limites de l’absurde et du supportable pour les peuples. À part les oligarques, qui ne s’en féliciterait ? Mais qui peut prédire quand, comment, et par quelles convulsions notre société devra passer pour accoucher d’un nouvel ordre institutionnel et économique, que nul ne sait dessiner encore ?

Les passionnés d’histoire ne peuvent s’empêcher d’établir des parallèles avec le passé : 1788, 1799. Pour séduisante qu’elle soit, la comparaison ne tient qu’à demi. Certes, ces années-là, des gouvernants frappés d’aboulie ont laissé filer le pouvoir sans comprendre qu’il leur échappait. Certes, les points de blocage de la société sont étonnamment similaires à ceux que nous connaissons. Mais ni Louis XVI ni Barras ne disposaient de la formidable machine administrative, et surtout fiscale, qui permet au régime de se maintenir, tant que les fonctionnaires restent loyaux. Parce que le Français ne se dresse pas contre l’administration. C’est le pot de terre contre le pot de fer…

Il faut donc souhaiter qu’à leur tour les fonctionnaires se révoltent. Là, peut-être, le pouvoir tombera. Parce que nous n’avons rien d’autre à espérer, aucune alternative : les incapables remplaceraient les nullités en cas d’alternance ? C’est par une élection législative que notre peuple reprendra son destin en main ? Il faut cesser de se payer d’illusions, de se gargariser de postures « républicaines » qui ne signifient plus rien, et s’interroger sur la meilleure manière de faire tomber l’édifice vermoulu avant qu’il ne s’écroule en poussière sur nos têtes.

Il n’y a qu’un cap à tenir : fédérer les mécontentements pour pousser, ensemble et dans le même sens, ce système vers les poubelles de l’Histoire. Le bonnet rouge orné d’un écusson familial rose sera-t-il, à l’occasion d’un gigantesque mouvement populaire le 26 janvier prochain, le signe de ralliement ? Qui fera entendre le sourd grondement du peuple en colère ? Qui portera la responsabilité de le dresser contre l’oppression, de l’emmener jusque dans les lieux du pouvoir ? Qui osera enfin lui crier d’envahir Paris ?

En cette année 2014, le pays réel honorera ceux qui ont versé leur sang pour la France. En mémoire de nos ancêtres, n’ayons qu’un mot d’ordre : « Courage, on les aura ! »

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12 novembre 2013

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