Une Canadienne d’origine haïtienne, Michaëlle Jean, vient d’être élue à la tête de la , provoquant un petit vent de « francofolie » dans cette gardée de la Françafrique. À défaut de lion, elle aurait même – rappellent ses biographes – mangé du phoque tout cru avec les Indiens inuits. « Cré moé, cré moé pô », ça décoiffe au pays de la parlure de Charlebois, ça va fesser dans l’dash chez Céline Dion ! Canadienne, Québécoise et Haïtienne de surcroît, cela devrait faire « jaser sur » jusqu’en Terre-Neuve, où l’on se moque volontiers de ces Français « niaiseux » qui « bavassent » ou « parlent en cul-de-poule », deux expressions que les Québécois utilisent volontiers pour décrire l’art de parler avec l’accent parisien. La francophonie comme on l’aime !

Mais il y a plus symbolique : Canadienne anglophone et Québécoise francophone, c’est un peu comme si Michaëlle Jean était chez nous à la fois française, catalane ou bretonne, ou en plus « francofunny » chez nos voisins, belge et wallonne, comme l’est Julos Beaucarne qui avait fait à sa manière l’inventaire de la francophonie dans l’une de ses chansons : « On parle français à Pondichéry, dans les Indes, en Louisiane, à Matagne, dans les Fagnes. Les Indiens algonquins de l’État de New York parlent français et les Gros Ventres du Montana également [Extrait non exhaustif]… Nous sommes en tout cent quatre-vingts millions de francophones dans le monde, voilà pouqwè “Nos ston firs dyesse wallons”. » (Voilà pourquoi “Nous sommes fiers d’être wallons”). L’humour aidant, cela n’empêche pas la double , non ?

Fiers d’être wallons, et chez nous fiers d’être corses, catalans, alsaciens, basques, normands, bretons, etc. tout en étant fiers d’être français, ils ne demandent rien d’autre que de garder leur spécificité géographique, historique et culturelle.

Certes, il est chic à travers le monde de continuer à parler le français et de le promouvoir ! Mais ce que notre pays prêche et pratique à travers la francophonie, il ferait bien de l’appliquer chez lui en encourageant les sur son territoire. Faut-il rappeler ici, une fois de plus, que la France n’a toujours pas ratifié la Convention-cadre du Conseil de l’Europe sur la protection des langues minoritaires ? « Les Indiens algonquins de l’État de New York parlent français et les Gros Ventres du Montana également. » Grand Chef Paca, Alca ou Arschloch, que parleront demain les Alsaciens incorporés de force en Lorraine-Champagne-Ardenne ?

3 décembre 2014

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