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Editoriaux - 14 juin 2016

Il a osé ! Pour J.-C. Cambadélis, hooliganisme = nationalisme = Brexit

Parfois, on se demande. Ce n’est pas sérieux, hein ? Juste l’objet d’un pari avec des copains ? Autour d’un petit verre, quand, vautré dans le canapé, on s’est déjà jeté la moitié de la bouteille derrière la cravate. Chiche, j’essaie ? On leur a tellement fait gober, mais si, ça va marcher !

Dimanche, c’était feu d’artifice. il y avait de l’émulation, on se bousculait, tout le monde voulait concourir, monter sur le podium convoité de Mister raccourci improbable.

On a, bien sûr, salué la performance de l’élu EELV, Jean-Sébastien Herpin, pour lequel l’attentat d’Orlando – c’était limpide, cela sautait aux yeux – est encore un coup… de LMPT.

Mais il serait injuste d’oublier , premier secrétaire du PS, qui s’est lui aussi très honorablement distingué, et mérite bien un diadème pailleté : la guérilla urbaine subie par les Marseillais en marge du match France/Russie est, selon lui… la faute du . L’équation est d’une subtilité toute socialiste : hooliganisme = nationalisme = . Donc le équivaut au chaos. Ce n’est pas beau ?

Comme si les hooligans anglais avaient attendu le Brexit pour exister.

Comme si, précisément, l’extinction de tout sentiment patriotique en dehors de l’exutoire football, engendrée par le mondialisme, n’était pas, au moins pour partie, responsable de l’explosion récurrente du trop-plein dans la soupape, l’entonnoir se révélant trop étroit et trop dérisoire.

Comme si le spectacle surréaliste donné ces derniers jours, au monde entier, d’un pays sale et hors contrôle, livré aux casseurs et aux grévistes comme un terrain vague au fond d’une ZAC, n’avait pas été un puissant levier psychologique.

Comme si l’incapacité du gouvernement à donner des ordres aux forces du même nom, sa pusillanimité molle autant pour prévenir, par un dispositif suffisant, que pour guérir, par une répression ferme, n’en étaient pas les premières responsables.

Comme si les petites frappes des quartiers marseillais n’étaient pas joyeusement, elles aussi, descendues dans la rue tout simplement parce qu’elles sont habitées par un total sentiment d’impunité.

On peut piquer des poupées vaudoues, les agiter en grimaçant devant le feu, faire des entrechats pour effrayer les braves gens et marmonner des malédictions : LMPTéééééé, Brexiiiiiiiiiit… mais il ne faut pas abuser.Tous les réalisateurs de films d’épouvante savent qu’il faut se renouveler : les effets spéciaux horribles ne durent qu’un temps. Ensuite, ils font rigoler.

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