Le 4 mai 2017, la Cour de cassation rejetait le pourvoi d’une personne dite « intersexe », nommée Gaétan, qui demandait l’inscription de « sexe neutre » à l’état civil. Au regard du droit au respect de la vie privée, la Cour précisait que, dans les actes d’état civil, il n’existait que deux mentions relatives au sexe (masculin/féminin) et que cette binarité poursuivait un but légitime, qu’elle était nécessaire à l’organisation sociale et juridique, dont elle constituait un élément fondateur.

Cette victoire, qui était celle du bon sens, ne devait pas pourtant masquer les enjeux idéologiques puissants qui se cachent derrière ce type d’affaire. Car le cas de Gaétan, rarissime, a été récupéré et instrumentalisé à des fins politiques par des lobbies qui militent pour la déconstruction de la binarité des sexes.

En effet, ces groupes de pression ne masquent plus leur combat : ils le font en particulier à visage découvert dans les facultés françaises et ils nourrissent les lobbies dans différentes institutions politiques, et les pays européens.

Il y a six jours, le 10 novembre 2020, la Belgique a annoncé qu’elle envisageait de mentionner un « troisième sexe » sur les actes de naissance : un sexe « neutre », pour les personnes présentant une « identité de non binaire ». La Cour constitutionnelle belge préconise même de supprimer toute mention de sexe à l’état civil. On n’est pas étonné que ce sujet vienne sur le tapis, le vice-Premier ministre Petra De Sutter étant lui-même concerné par cette indéfinition de genre, et il semble vouloir ériger en norme son propre cas en interdisant à tous, sous prétexte de situations de conflits de genre ultra-minoritaires, la mention de leur sexe.

Au cœur de ce combat se trouve l’idéologie du genre.

Cette idéologie postule que la différence des sexes n’existe pas. Pire : elle conteste même la réalité « sexué » comme marqueur d’une quelconque identité ou appartenance à la féminité ou à la masculinité.

En France, cette idéologie se porte bien. Les enseignants chercheurs sont en train d’accomplir une sorte de révolution silencieuse qui postule la non-existence de la différence des sexes et dénonce le caractère arbitraire de « l’assignation d’un sexe » à la naissance.

Ainsi, il n’y aurait pas de « sexe vrai », la complémentarité des sexes n’existerait pas, la différence sexuée serait une invention sociale destinée à alimenter un « pouvoir » de l’homme sur la femme, à aliéner les femmes.

Une enseignante en droit, elle-même identifiée sous un prénom masculinisé, postulait, à l’université de Nice, que les situations « d’intersexe » étant élevées à une fréquence d’au moins 2 % dans la population (sans que l’on sache d’où vient ce chiffre), il faudrait réfléchir à une refonte totale du droit : c’est-à-dire, en clair, supprimer dans tous les états civils la désignation homme ou femme, celle-ci étant considérée comme « discriminante » pour les « intersexes ». Au nom de 0,003 % de situations d’indifférenciation sexuelle à la naissance, il faudrait supprimer la distinction h/f à l’état civil pour la majorité des personnes.

La Belgique est en train de le faire, la France y arrivera aussi.

Ils ont transféré la lutte des classes à la lutte des sexe en prenant comme base la même idéologie : la différence des sexes, dernier refuge de l’idéologie bourgeoise, du patriarcat oppressif, devient le dernier bastion à détruire pour enfin construire la vraie égalité.

Il faut prendre, aujourd’hui, conscience de l’extension de cette idéologie dans les facultés françaises, de sa dimension d’idéologie politique, et dénoncer ce qui est en fait une très grave manipulation des consciences.

17 novembre 2020

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