Robert Hue, ancien président du Parti communiste français (PCF), a fait parvenir, le 13 décembre, au président François Hollande, une lettre dans laquelle il réclame « un sursaut » et soumet cinq propositions « à verser au pot commun […] progressiste et citoyen ». Parmi elles : introduire une dose de proportionnelle, lutter contre l’évasion fiscale, créer un statut des élus… On le voit : rien que du neuf qui a été proposé en 2012 par… François Hollande. Il propose également une « loi sur l’utilisation de l’argent public ». Ah bon ? Il n’existerait donc aucun contrôle de la part de l’État et du Parlement sur le financement des collectivités locales, sur les investissements des entreprises publiques, sur les et les recettes du gouvernement ?

Surtout dans sa lettre très lénifiante de trois pages, l’ancien candidat à la présidentielle de 1995 (8,64 %) et 2002 (3,37 %) s’inquiète du retour « d’une revancharde » et de la possible victoire « d’une extrême droite démagogique qui se nourrit du désenchantement populaire ». Voilà le vrai cri d’alarme, l’objet même de ce courrier. À la manière d’un Philippe, quatrième fils du roi de France Jean II et de Bonne de Luxembourg, le 19 septembre 1356 lors de la bataille de Poitiers, Robert Hue demande à son fidèle François II de « se garder à droite » ! À la fin de la bataille, c’est quand même notre bon roi Jean II qui fut fait prisonnier pendant trois ans et demi avant d’être libéré contre une si énorme rançon que les caisses du royaume de France eurent du mal à s’en remettre.

Le plus étonnant dans cette lettre est aussi que Robert Hue joue les pompiers pyromanes. Lui-même à la tête du PCF n’a eu de cesse de soutenir la désastreuse de Lionel Jospin, en particulier les 35 heures qui ont plombé les entreprises et les finances du pays et, ainsi, de participer au fameux « désenchantement populaire » qu’il dénonce. Entre deux poncifs et trois coups de brosse à reluire, il est aussi étonnant de voir l’un des fossoyeurs du PCF et traître à sa cause (il siège au groupe radical-socialiste du ) donner quelques leçons de morale à un président déjà en fin de course et politiquement moribond. Son cri d’alarme « Il reste deux ans » résonne comme une -motivation. Qu’espère-t-il en écrivant ainsi au chef de l’État ? Faire parler de lui alors qu’il ne représente plus rien ? Finalement, le coup de com’ marche à peu près bien puisque certains (et pas que Boulevard Voltaire) en parlent. Vise-t-il un poste ministériel en cas de , poste qui lui a toujours échappé, préférant envoyer ses seconds couteaux Marie-George Buffet, Jean-Claude Gayssot et consorts ? Le mode incantatoire de sa missive ne trompe personne. L’ex-communiste s’est embourgeoisé. Il a bien profité du système et entend bien que Hollande préserve ses intérêts. Il semble lui dire : « Allez, Hollande, hue !! »

15 décembre 2014

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