Madame a décidé de faire la chasse aux sorcières, c’est officiel. Selon elle, pour lutter contre la radicalisation – qu’elle ne définit pas : mais qui se radicalise pour elle ? Les fanatiques religieux, les petits Francs ou les malades et handicapés, entre autres populations ? -, il conviendrait que l’État donne son aval à une école hors contrat avant son ouverture .

Aujourd’hui, de nombreuses écoles hors contrat s’ouvrent sans autorisation préalable ; c’est seulement après leur ouverture que l’État se donne le droit de vérifier que l’école ne contrevient pas aux lois de la République, ce qui relève, finalement, de la liberté d’expression. Mais avec la proposition du ministre de l’Éducation nationale qui, aujourd’hui, porte malheureusement bien son nom, nous voyons la mise en place de Big Brother. Le régime autoritaire et dictatorial se précise.

Mais avant de discuter une telle mesure, je demande à madame Vallaud-Belkacem de bien vouloir préciser ce qu’elle entend par radicalisation. Personnellement, je place derrière ce terme, pour l’essentiel, le phénomène récent que nous observons dans notre société française de jeunes gens que l’on dit français (mais qui se disent eux-mêmes musulmans avant d’être quoi que ce soit d’autre, et français uniquement pour nous mettre dans l’embarras) et qui partent faire la guerre en Syrie, par exemple, pour prêter main-forte à l’État islamique ou encore qui perpètrent des attentats en France ou ailleurs.

Si nous parlons bien de ce genre de radicalisation, alors que vient faire l’école hors contrat dans cette question ? En effet, selon les spécialistes de ce sujet, ces jeunes radicalisés tombent justement dans la violence pour trois raisons. Premièrement, leurs parents ne parlent généralement pas ou mal le français. Ils ne sont donc ni intégrés ni assimilés à notre nation, puisque par ailleurs nous les laissons évoluer dans leur culture sous prétexte de racisme si nous osons seulement leur demander de respecter nos lois et notre histoire, ce qui a pour effet d’entretenir le clivage entre nos cultures. On notera, du reste, que le gouvernement actuel se prépare à aggraver encore ce clivage en proposant d’enseigner l’arabe dès le primaire en la considérant comme la langue maternelle d’une partie des populations étrangères vivant sur notre sol, alors que les jeunes radicalisés sont censés être français. Quelle est donc la langue maternelle d’un Français ? Deuxièmement, ces jeunes commencent leur radicalisation en s’excluant d’eux-mêmes de la société, ce qui commence par l’absentéisme : ils désertent l’école, toutes les écoles, et traînent dans les rues à la recherche de crimes et délits qui leur procurent un sentiment de toute-puissance. Troisièmement, c’est lorsqu’ils finissent par être emprisonnés pour vol, vente de drogue, viol ou agression qu’ils découvrent en prison des réseaux de radicalisation occultes qui les plongent davantage dans la délinquance.

S’il est donc une institution publique qu’il conviendrait de réformer ou d’observer de près, ce serait a priori les prisons, semble-t-il, non les écoles hors contrat qui servent justement à éloigner et à protéger (tout en instruisant, ce qui devrait être la seule mission de l’enseignant) des élèves qui souhaitent apprendre et s’intégrer en société et ce, en le faisant à l’encontre même d’une vision de la République totalitaire et complice d’une radicalisation qu’elle prétend combattre. Quelle est, en effet, l’efficacité de couper son pied quand on a mal à la tête, sinon de focaliser ailleurs que sur le véritable mal l’attention du reste du corps ?

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