Armées - Culture - Editoriaux - Histoire - Justice - Table - Télévision - 19 décembre 2016

Honte au président Hollande

Le lundi 12 décembre est apparu, sur toutes les chaînes de télévision, François Hollande à l’issue d’une conférence qui se voulait « humanitaire » et, en fait, destinée à sauver les rebelles d’Alep. Stupéfaction : nous avons vu qu’au côté du chef de l’État français était dressé un drapeau vert blanc noir, à trois étoiles rouges dans la bande blanche ! Qu’est-ce que cet emblème ?

Non pas celui du gouvernement syrien (noir blanc rouge, à deux étoiles), non pas celui de Daech ni celui d’une secte, mais celui de musulmans sunnites, clans, familles, grands propriétaires qui, à l’instigation de puissances étrangères, ont tout fait pour combattre la France et son armée pendant plus de vingt-cinq ans, l’époque du « mandat » où notre pays tentait d’établir la paix, la culture, la justice, pour tous, au « Levant ».

D’ailleurs, les trois étoiles, rouge sang, représentent chacune un affrontement avec la France et ses soldats : Khan Mayssaloun, rébellion de 1925, insurrection de Damas en 1945 ! Y a-t-il un seul chef d’État au monde, qui pis est chef des armées, posant sous le symbole agressif de ceux qui ont tué ses soldats ?

Derrière le symbole, il y a une succession de fautes : soutien financier par l’entremise de riches familles du Golfe, trop souvent liées aux notables du Parti socialiste, soutien diplomatique, en conserve et concurrence avec le gouvernement américain, et même soutien militaire puisque ont été fournis équipements, conseils et très probablement encadrement et formation par un certain nombre d’officiers et sous-officiers…

Pourquoi une telle position que jamais des Anglo-Saxons n’adopteraient (les Anglais continuent bien de célébrer Trafalgar) ? Pourquoi désigner de facto chrétiens – nos protégés depuis le XVIe siècle – et alaouites, nos fidèles depuis presque aussi longtemps, nos gendarmes et nos soldats du temps du mandat, comme des ennemis ?

On sait que le patriotisme n’a jamais beaucoup soucié, depuis 1914, un grand nombre de socialistes placés aux hautes fonctions : députés se rendant aux conférences de Kiental et Zimmerwald pendant la Première Guerre mondiale, Paul Faure devenu le n° 1 de la SFIO (toujours à Vichyà en… juillet 1944, les porteurs de valises et autres réseaux de soutien au FLN, la pire organisation terroriste qu’ait jamais connue notre pays, devenus tout-puissants avec Lionel Jospin !

Et puis, il y a une ignorance crasse et choisie de notre Histoire. Seul compte – incroyable, de la part d’un chef d’État ! – l’instant présent…

Il y a, surtout, la volonté de montrer que l’on est le bon élève de ceux qui ont toujours voulu nous écarter du Proche et du Moyen-Orient. Bon élève de forces économiques obscures qui pourraient, croyait-on, assurer une élection ou une réélection… Forces qui ont enfanté, avec le génie que l’on sait, le « printemps arabe », un monstrueux déchaînement aux conséquences cataclysmiques pour le monde entier. Forces qu’avaient servies aussi la droite au pouvoir après 2007.

Tout cela va bientôt connaître une fin. Mais ces dix ans de grande noirceur auront abaissé pour longtemps la France.

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