Hongrie : ça peut mal finir, cette histoire…

On peut s’étonner qu’après avoir parcouru, à pied, en bateau, en bus et en train au moins 3.000 kilomètres, les migrants aient encore l’énergie de lancer des pierres contre les policiers de la Hongrie et celle de forcer la barrière érigée par ce pays. J’ai déjà dit ici que s’ils avaient un minimum de fierté et d’amour pour leur pays, ils y seraient restés pour se battre. Car c’est là-bas que devrait s’employer leur énergie, et pas contre un pays qui n’a aucune responsabilité dans leur désastre.

Mais ce n’est pas là le vrai problème. On peut se poser, en effet, la question de savoir ce qu’est cette barrière d’opérette construite à la va-vite et qu’une foule déchaînée et déterminée arrive à franchir en certains endroits, par la force. Car de deux choses l’une : ou on laisse sa frontière ouverte comme elle l’était encore récemment ou, si l’on veut se protéger de ce qu’il faut bien appeler une invasion, on construit une vraie barrière : électrifiée d’abord, avec plusieurs niveaux de rouleaux de fil de fer barbelé, un ou plusieurs murs en béton, plusieurs fossés remplis d’eau, des mines même, pourquoi pas, et autres subtilités infranchissables comme l’ont fait les Américains face au Mexique, comme l’ont fait les Soviétiques avec le mur de Berlin, les Israéliens avec leur mur en béton d’une hauteur impressionnante… et comme l’ont fait les Français pendant la guerre d’Algérie avec la ligne Morice. Et alors là, les migrants n’auront même pas la première idée de s’y frotter car, sinon, ils sauraient que c’est la mort qui les attend. Et il n’y aurait pas eu ce spectacle pitoyable qu’on a vu mercredi.

Il ne peut pas y avoir de demi-mesure. Or, avec cette barrière en demi-teinte, à l’image un peu de ces enclos qu’on voit parfois à la campagne et qui sont destinés à dissuader les vaches de s’en approcher, à quoi s’exposent les autorités hongroises ? À voir l’un de leurs policiers, affolé, excédé et conscient lui-même de la fragilité de ce truc bizarre, se mettre soudain à tirer sur la foule des migrants, entraînant ses collègues à en faire autant. Voilà le vrai danger. Il est vrai, alors, que les médias du monde entier se précipiteraient sur les lieux dans l’heure qui suit pour se délecter du spectacle et que nos politiciens, pleureuses siciliennes de la démocratie, traiteront la Hongrie d’État fasciste et la mettront au ban de l’Europe.

Tu mesures maintenant, Angela, les conséquences possibles de ton inconscience ?

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