Pauvre vieille Légion, je t’écris ces quelques lignes les yeux gonflés. Tu as été conquise par la ruse et la surprise. Les grognards et les poilus doivent s’agiter dans leurs caveaux.

40 ans de névrose victimaire et de psychotique viennent de produire la plus belle perle jamais vue dans le parc à huîtres des idées molles : La “rouge” pour les victimes civiles de l’attaque du 13 novembre.

Cet ordre dont la tradition est plusieurs fois séculaire, distingue une noblesse, une élite. Il s’inscrit dans la continuité de l’ordre de saint Louis (croix de Malte blanche sur ruban écarlate) qui élevait à la noblesse héréditaire la troisième génération des officiers distingués par cette décoration au service des armées françaises. Il fallait un siècle pour faire un gentilhomme. Que de fidélités, de sacrifices, d’efforts et de combats pour y accéder!

Organisé par Bonaparte le prestigieux Ordre était pour ainsi dire “dans l’esprit” : militaire, avec la même idée de constituer une élite, une noblesse, dans le service des armes. C’est ainsi qu’elle était portée par la moitié seulement des “grognards” et des “briscards” de la vieille garde, ceux qui n’ont jamais battu en retraite et cumulaient les “brisques” (galons) sur la manche de leur  habit.

On ne s’attardera pas sur cette civile fascinée par l’apparat militaire sans en accepter les sujétions… De même qu’ils veulent une grosse rente et pas de travail, une bonne baise mais pas de gosses, ils veulent une belle médaille mais pas de combat, et des ordres de chevalerie secrets en pagaille, grotesques et sans religion. C’est ainsi que l’auguste décoration est aujourd’hui attribuée majoritairement aux pékins éligibles ; hauts fonctionnaires, avocats, médecins, et autres notables. Et puis “la rouge” fut distribuée largement aux artistes engagés et autres clowns de cirque. Artistes qui donnent des leçons électorales au peuple français, avec une montre à cinquante plaques au poignet, depuis leur résidence californienne. On les comprend, la fermeture des frontières pour ces gens là… leur vie de jetset va devenir un enfer.

Nous sommes encore descendu d’une marche. Voici qu’à présent les pauvres victimes sont distinguées comme des héros. Tout est confondu, mélangé, brouillé, comme dans le regard d’un cœur brisé.

Pauvre vieil ordre écarlate séculaire, je t’ai aimé, je t’ai admiré, j’ai rêvé t’offrir ma poitrine, remise par un chef victorieux, sur un champ de bataille. Mais je me suis réveillé, triste époque, je ne pourrais jamais être une assez bonne victime pour te porter.

11 décembre 2015

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