Editoriaux - Histoire - Médias - 15 juillet 2015

La « Hollande » nous soumet à la grosse Allemagne

Dix ans après avoir annoncé la fin de notre empire américain, pourtant plus arrogant et gesticulant que jamais, s’en prend aux Allemands ; il les accuse de mener l’Europe à sa perdition. Et cela donne dans Le Soir, un grand quotidien belge :

« L’Europe est actuellement contrôlée par l’Allemagne et par ses satellites baltes, polonais » […] elle est “devenue un système hiérarchique, autoritaire” […] “On est en train sans doute d’assister à la troisième autodestruction de l’Europe”, car “il y a d’abord eu la guerre de 14, puis la Deuxième Guerre mondiale”. Il conclut que “l’Europe est un continent qui, au XXe siècle, de façon cyclique, se suicide sous direction allemande ».

Face à ce Quatrième Reich, il ne reste à l’exécutif français qu’à prendre la place du maréchal Pétain !

“Les deux tiers de la France profonde sont du côté de l’Europe du Sud” ; “si le président laisse tomber les Grecs, il part dans l’Histoire du côté des socialistes qui ont voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Si les Grecs sont massacrés d’une façon ou d’une autre avec la complicité de la France, alors on saura que c’est la France de Pétain qui est au pouvoir”.

Todd est un intellectuel entier, parfois enclin à quelques excès (ce n’est pas moi qui lui jetterai la pierre !). Mais concernant cette nouvelle ubris germanique, il me semble qu’il a bien raison, à condition d’associer cette ubris à l’américaine. Car Merkel a bien expliqué dans son texte du 20 février 2003 au Washington Post que, pour elle, la chute du mur doit conduire à une Europe transatlantique ! Et les Allemands, comme le rappelle Varoufákis dans un article du Guardian, ont réussi enfin à soumettre la Hollande – pardon : la France -, devenue un Land allemand.

On assiste donc à l’émergence d’un Lebensraum germano-américain, lequel ne profite bien sûr ni au peuple allemand ni au peuple américain, mais aux élites technocratiques, bancaires et capitalistiques qui ont soumis les continents sous le rideau du bavardage mondialiste. Un bon cas d’école est celui d’Otmar Issing, passé jadis de la Commission européenne au clan Goldman Sachs, montrant alors l’exemple. Ce Lebensraum se fait encore contre la Russie, et on assiste du coup à un nouvel encensement de notre vieil « Occident », comme au temps du guerrier fascisme des années 40. Que tout cela se fonde sur le déclin historique des droits sociaux et juridiques, la disparition des classes moyennes, l’invasion de l’Afrique, la progression de l’islamisme et des risques de guerre n’étonnera que les réacs.

La mainmise américaine (avec Jeb Bush ou Hillary Clinton comme président américain aux prochaines élections) est garantie comme la pérennité de la magnifiquement prussienne Angela Merkel, idolâtrée par tous les médias germano-américains aux ordres.

L’alternative serait, bien sûr, un retournement d’alliance avec la Russie, mais il rendrait fous les Américains et les Allemands.

Il faudra bien relire de Gaulle, pourtant…

À lire aussi

Islam : pourquoi la France est schizophrène

Il y a une bêtise crasse de notre « élite hostile ». …