Passé le coup de Mistral et ce vendredi 13, tout se sert les pinces : les Belges arrêtent et relâchent une horde de terreur (faudrait savoir, une fois), la France bombarde on ne sait qui en Syrie en laissant ses banlieues bien tranquilles, la Russie bombarde on ne sait qui en Syrie aussi - en laissant les Égyptiens responsables du crash bien tranquilles aussi -, Obama laisse comme à son habitude tout le monde tranquille.

Plus personne n’aime l’État islamique. Ni nos élites ni nos imams.

Notre François Hollande, omniprésent comme jamais, réconcilie tout le monde : Cameron, Poutine, Netanyahou, Obama, les Chinois, les autorités musulmanes. Il va devenir chef du face à un Obama trop endormi (ah, les dernières années du deuxième mandat présidentiel). Il veut aussi obliger la timide Espagne du sympathique Mariano Rajoy (à mon sens le meilleur Premier ministre européen actuel, humble avec le meilleur bilan, puisqu’il ne cherche qu’à éviter les désastres qui rendent pourtant les politiciens si populaires) à intervenir en Syrie, au Mali, partout.

La guerre, notre mère, contre la pieuvre féconde du interplanétaire réveille le système-dollar un temps menacé par les BRICS en faillite. Voyez le pauvre Brésil, la pauvre Chine, voyez la sombre Argentine qui se donne au libéralisme le plus obtus. "Être Argentin, c’est être loin et triste", disait Cortázar. C’est surtout être loin de Disneyland et du toujours caracolant Wall Street, qui affolait les élites argentines. Le peuple aura maintenant droit à un peu de déflation comme nous. Car ces recettes qui datent de Pierre Laval ou du chancelier Brüning restent les meilleures pour les managers.

Last but not least, nous assistons à une réconciliation franco-russe ; la France fait semblant de se détourner une seconde du mollasson Obama, retape sur ses cibles incertaines en redonnant au Charles-de-Gaulle un peu de lustre et de probité candide. Quelle bonne leçon pour ceux qui, comme moi, invoquaient finement le gaullisme pour nous réconcilier enfin avec la Russie et créer un monde meilleur ! Le fort opportuniste Vladimir le paria, toujours en récession mais toujours aussi en guerre, est réintégré avec des Houzze (saluts maçonniques) dans la loge des États-nations civilisés, pourtant plus tatillons que jamais (arrêtons de les idolâtrer : voyons plutôt ce que nous leur devons depuis deux siècles, à ces sacrés États-nations, entre les guerres et la Sécu, le remplacement, les impôts).

Ainsi va la comédie du monde. Le spectacle continu et tragi-comique trompe le bon peuple grâce à nos médias bien-aimés et toujours greffés dans nos cervelles. Une histoire pleine de bruit et de fureur, racontée toujours par des idiots. Les drones de drames règlent nos vies lilliputiennes ; et il suffira juste de ne pas être un Abdallah moyen sous les bombes ou un Dupont moyen sous les balles.

Après, on pourra de nouveau aller voter. Mais qu’on ne râle plus après les impôts !

24 novembre 2015

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