Pas de bol pour à Paris. Les handballeurs français ont mis une raclée aux Danois. Alors les chaînes de télé, évidemment, ont fait le bon choix. Plutôt Karabatic que la manif.

Béatrice Bourges se lance courageusement dans une grève de la faim. Ils sont capables de la laisser crever entre deux pages de pub ! Et puis là, on a moins de marge qu’avec la Boutin.

La bataille de chiffres, à ce niveau, n’a plus d’intérêt. De toutes façons, les journaux subventionnés n’auront retenu que les quenelles des uns et les ananas des autres. Franchement, on n’était pas le 6 février 1934. Ce jour-là, ça mouftait pas sous les ors de la Ripoublique ! A contrario, une manif bien cadrée comme celle de dimanche, malgré les provocs de fin de cortège, n’inquiète pas grand monde. Ivan Rioufol est choqué tout au plus, Manu « condamne avec fermeté » ; côté presse, on se régale : « C’est un fiasco », selon Le Nouvel Obs, quand la plupart de ses concurrents insistent sur les saluts nazis…

Est-il besoin de s’étendre sur les slogans antijuifs et autres joyeusetés ? À part décrédibiliser le mouvement, on ne voit pas à quoi ils sont utiles. Mais en dehors de ces conneries, on peut quand même juger incroyable le civisme des manifestants. Alors qu’avec la moindre marche de 10.000 personnes vers l’Élysée, les forces de l’ordre seraient totalement dépassées ! Je ne vous parle pas de 100.000 ou 1 million, j’ai dit 10.000. Les sites sensibles sont peu protégés. Ou stratégiquement mal placés, comme le palais présidentiel. Évidemment, il y aurait du dégât. Qui est prêt à tomber le premier ? Forcément, un flic shootera, mais devant la vague, ils ne la joueront pas Tian’anmen.

Incontestablement, le Jour de colère marque une avancée vers la radicalité. Au moins dans les paroles. Et alors ? Puisque les manifs anti-Hollande, ces marches blanches politisées, n’ont aucun résultat, comment va se traduire la révolte ? Dans les urnes ? Dans des actions plus ciblées, spectaculaires, voire violentes ? Inévitablement. Quelqu’un va bien franchir le pas. Même dans cette société castrée par la télé et l’école.

Les gentils Français vont finir par comprendre que face à ce pouvoir, manifester ne changera rien. Les immenses foules anti mariage gay n’ont pas fait bouger le petit doigt du Président. C’est triste, mais ce ne sont jamais les manifs, jamais les Gandhi ou autres Mandela qui fissurent les dictatures, même si on aime vous le faire croire. En Inde, les british se sont retirés en 1947 parce qu’ils n’avaient plus les moyens d’assumer leur empire. Et parce que l’allié ricain avait dit stop comme pour l’État sud-africain en 1990. En France, en 2014, on pourra bien être 5 millions dans la rue, le parti de l’étranger, qui a l’appui de Bruxelles et du pouvoir financier, fera la sourde oreille…

28 janvier 2014

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