Il avait dit le 9 septembre 2012 : j’inverserai la courbe du d’ici un an. Il avait rectifié le 31 décembre 2012 : l’inversion de la courbe du chômage sera un fait accompli à la fin de 2013. Nous sommes fin janvier 2014 et le verdict des chiffres est tombé. Dégrisé par la douche froide de la réalité, il n’ose plus donner de date pour atteindre l’objectif qu’il s’était publiquement fixé. La marée noire du chômage continue de monter, inexorablement, et la légère inflexion de la courbe tient à ce qu’en matière économique, comme aux Jeux olympiques, il est de plus en plus difficile de faire tomber les records.

Stabilisation, décélération, autant de mots, comme des paravents dérisoires, pour habiller l’échec et faire oublier que le roi est nu et qu’il n’est pas beau à voir. Le seul remède miracle trouvé par les apprentis médecins qui nous soignent et leur dernier espoir résident dans la création artificielle d’emplois qui, d’une manière ou d’une autre, seront finalement payés par les familles, les ménages, en somme les cochons de contribuables, suivant des modalités complexes qui restent à définir. Mais ce ne sont pas les pactes de compétitivité, les pactes de responsabilité et autres usines à gaz sorties toutes planifiées des cervelles technocratiques qui vont nous sortir du fossé.

Comment une économie qui stagne pourrait-elle créer des emplois, comment un pays dont l’activité décroît, dont la production baisse, dont le marché intérieur subit les conséquences de la baisse du pouvoir d’achat et qui ne parvient pas à exporter plus qu’il n’importe pourrait-il repartir du bon pied ?

Ce gouvernement et ceux qui l’ont précédé se sont privés des leviers qui leur permettraient d’inverser la situation où ils nous ont mis. En confiant la gestion de la monnaie unique à la Banque centrale européenne, ils ont abdiqué notre souveraineté monétaire et ne peuvent plus recourir au coup de fouet de la dévaluation. Liés par les traités européens et leur inféodation à l’orthodoxie libérale, ils n’envisagent même pas d’élever, même provisoirement, les barrières protectrices à l’abri desquelles pourraient se reconstituer notre tissu industriel et notre agriculture. Il ne leur vient même pas à l’esprit que l’État, comme il le fit à d’autres périodes de notre histoire, quitte à laisser filer les déficits publics, pourrait jouer un rôle décisif en finançant les technologies innovantes et les grands chantiers qui nous permettraient de nous retrouver à la pointe du progrès et de relancer la confiance avec l’activité.

François Hollande, comme les joueurs qui perdent leur mise au casino, a compté sur la chance, et la chance n’était pas au rendez-vous. ll a parié, il a perdu. Il demandait à être jugé sur ses promesses. Accordé.

28 janvier 2014

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