Le Premier ministre a assisté samedi à la finale de la Ligue des champions à Berlin aux frais de la princesse. Une bagatelle de 14.000 euros pour le contribuable, une broutille au regard des 40.000 euros de frais de taxis de la patronne de l’INA ou des 2,5 millions d’euros que couterait à l’État Valéry Giscard d’Estaing chaque année. 2,5 millions d’euros, devant (2,2 millions) et (1,5 million).

L’escapade de Valls à Berlin aurait même ému une partie de la oublieuse des frasques de Mitterrand n’hésitant pas à envoyer un avion du GLAM lui chercher des huitres fraiches à Arcachon ou du foie gras dans le Périgord. Pendant les quatorze ans passés à la tête de l’État, notre monarque avait pris l’habitude de se faire dorloter par la République.

Mais pour en revenir à notre supporter du Barça, à 14.000 euros la place, personne n’a osé demander la démission du Premier ministre alors qu’une telle de l’argent public Outre-Rhin ne serait pas restée sans conséquence. On se souvient qu’un ancien président de la République, Christian Wulff, avait dû démissionner pour moins que cela, une facture de… 720 euros payée par un ami en échange d’une très improbable contrepartie.

Autres pays, autres mœurs que l’on retrouve dans le train de vie de nos gouvernants de part et d’autre du Rhin : tandis que notre Premier ministre se prélasse dans son modeste logis de fonction (310m²) à l’hôtel Matignon, Angela MERCKEL rentre dans son appartement, personnel dont elle paie le loyer, les factures d’eau et d’électricité. Comme le faisait le général qui réglait de sa poche l’électricité des appartements privés de l’Élysée, tandis que son épouse achetait elle-même les produits qu’elle servait à la table du dîner familial…

O tempora, o mores ! En et dans les pays anglo-saxons et scandinaves, on ne plaisante pas avec l’argent public, et ce jusqu’au plus petit détail, et même à l’exagération. Fin 1995 en Suède, pour avoir réglé quelques barres chocolatées avec sa carte de crédit de fonction, Mona Sahlin, numéro deux du gouvernement d’Ingvar Carlsson, avait dû démissionner. Même si la jeune femme s’était empressée de rembourser le montant ponctionné, ce « scandale Toblerone » aura carbonisé sa carrière politique… Notre Premier ministre en revanche a été conforté par François Hollande qui a dès hier soir à Elmau (Allemagne) justifié son aller-retour à Berlin, dans le cadre de l’organisation de l’Euro-2016 en .

Au fait, avec Platini auront-ils eu le temps de regarder le match ?

9 juin 2015

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