Editoriaux - Presse - 5 octobre 2014

Hollande : difficile fin de règne

“Si ça continue, il finira par trouver du pétrole !”, aurait dit un ministre à propos de . C’est vrai qu’à force de baisser dans les sondages, le président de la République se retrouve dans une fâcheuse posture. Jamais un chef de l’État n’avait, à ce point, accumulé autant d’avis négatifs, de rancœur et de déception. Les derniers sondages donnent toujours à autour de 13 % d’opinions favorables et confirment ce que l’on savait déjà : il a perdu toute crédibilité. Il est impopulaire et devrait, s’il en avait le courage, partir avant qu’il ne soit trop tard. Mais ici, la légalité s’oppose à la légitimité. Il a été élu pour cinq ans. Il est le Président légal. Cependant, son impopularité le rend totalement illégitime. Il l’a redit lors de sa conférence de presse le 18 septembre, à mots à peine couverts, se drapant dans la posture du général Patrice de Mac Mahon après la prise de la redoute de Malakoff : “J’y suis. J’y reste !”

Faut-il qu’il soit sourd à ce point, qu’il n’entende pas les récriminations du pays réel ? En France, la tradition veut que les chefs d’État abdiquent, s’enfuient, soient assassinés, guillotinés, meurent en exercice. Rares sont ceux qui partent d’eux-mêmes parce qu’ils sont conscients du divorce qui existe entre le pays légal qu’ils sont censés incarner et le pays réel représenté par le peuple et ses légitimes aspirations. Seul de Gaulle, en avril 1969, l’a compris et avait su en tirer toutes les conséquences alors qu’il aurait pu rester 55, rue du Faubourg-Saint-Honoré (qu’il ne prisait pas particulièrement). Mais il avait une autre idée de la fonction présidentielle, que n’ont pas eue ceux qui lui ont succédé.

Peu chaut à François Hollande qui s’accroche au pouvoir comme une bernique à son rocher et croit encore en sa bonne étoile. Il est presque à la bascule, comme on dit dans le milieu militaire : il va entrer dans la seconde partie de son quinquennat. Il lui reste 30 mois pour redresser la barre. Une mission impossible. Il faudrait un miracle auquel il veut encore croire, comme ce retour inespéré de la croissance en 1997 (4 % par an), sous l’ère Jospin. Et quand bien même ce miracle aurait lieu, serait-il suffisant pour qu’il se représente ? Apparemment non, si l’on en croit un récent sondage OpinionWay/LCI publié le 17 septembre dernier : Seuls 2 % des personnes interrogées souhaitent que François Hollande soit candidat en 2017. Autant que Benoît Hamon. Les deux compères, qui ne s’apprécient guère, sont loin derrière Manuel Valls (23 %), Martine Aubry (14 %), Arnaud Montebourg (8 %) et Ségolène Royal (6 %). Le pire est sans doute que l’actuel chef de l’État entraîne tout le PS à sa traîne : 44 % des personnes interrogées souhaitent que ce soit “une autre personnalité” que ceux-là qui porte les couleurs du PS en 2017. Et si le calvaire de François Hollande ne faisait que commencer ?

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