Armées - Editoriaux - Union Européenne - 24 janvier 2013

Hollande : chef de guerre contre… les Anglais !

Messieurs les Anglais, tirez les premiers !

Lors de la bataille de Fontenoy en 1745, le comte d’Anterroches prononça cette phrase fameuse, immortalisée, et un peu arrangée, par Voltaire : « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! » À cette époque, on appelait ça la guerre en dentelles.

François Hollande, lui, ne fait pas dans la dentelle. Il est vrai que, le Mali aidant, il a endossé l’uniforme d’un chef de guerre. Un vrai. Un à qui on ne la fait pas. Les exquises urbanités du comte d’Anterroches, ce n’est pas son verre de vin (je répugne, les circonstances étant graves, à utiliser l’expression « tasse de thé »).

Ainsi, le Président de la république a tiré le premier, à peine David Cameron avait-il annoncé qu’il allait consulter les Anglais par référendum sur le maintien ou non de leur pays dans l’Union européenne. Avec un très viril : Non, ça ne se négocie pas, non ça ne se discute pas ! Plus prudente, et sans doute plus avisée, Angela Merkel a jugé « qu’il fallait discuter ». Mais la chancelière allemande est une bonne femme, et en tant que telle, bien moins virile que François Hollande.

Il faut dire que ce dernier avait été personnellement insulté par David Cameron. L’affreux rosbif ayant eu vent de la volonté présidentielle de taxer les riches avait en effet invité nos futurs et éventuels exilés fiscaux à venir en Angleterre où il déroulerait pour eux « un tapis rouge ». Un tel affront ne pouvait se laver que dans le sang.

Ce faisant, François Hollande s’inscrit dans une belle et noble tradition de confrontation avec l’ennemi héréditaire. Car les Anglais n’ont jamais cessé de nous faire du mal. Non content d’avoir brûlé Jeanne d’Arc à Rouen, ils ont coulé notre flotte à Trafalgar et battu nos armées à Waterloo. Ils n’ont ensuite pas hésité à envoyer Napoléon à Sainte-Hélène où ils l’ont peut-être empoisonné.

Et ils ont persévéré dans leur haine antifrançaise. Ils nous ont humiliés à Fachoda. En 1940, au lieu de capituler dignement comme nous, ils ont résisté aux Allemands. Dans la foulée, ils ont accueilli sur leur territoire un général prétendument français (car déchu de sa nationalité), bafouant ainsi la décision d’un tribunal français qui l’avait condamné à mort par contumace. Comble de l’infamie, refaisant le coup de Trafalgar, ils ont détruit nos navires (enfin, ceux de Vichy) à Mers el-Kébir.

Et enfin, last but not least (désolé d’utiliser la langue de Cameron, mais je ne connais pas l’équivalent en français), leur équipe a battu le XV de France pendant le tournoi des Six Nations. C’est impardonnable. La vengeance s’impose.

C’est donc un courageux combat qu’a engagé M. Hollande car les Anglais, perfides, retors et pugnaces, c’est autre chose que les djihadistes de Tombouctou. Dieu sauve Hollande ! God save Hollande ! Mais il est fort à craindre qu’il soit très occupé à sauver la reine d’Angleterre…

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