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Bertrand du Boullay s’interrogeait hier ici même fort pertinemment sur les rapports entre l’humour et le en France, et de citer “l’esprit” de plus en plus graveleux qui court aujourd’hui plateaux de télé et salles de spectacle : la « reductio ad vaginum ». Cela, hélas, avec la complicité active des femmes. On trouve en effet autour des petits Blancs parvenus aux sommets du PAF, les Bigard, Hanouna ou Ruquier cités en exemple, des “célébrités” féminines qui rivalisent désormais de vulgarité pour coller à l’air du temps.

Difficile alors, quand l’actualité du jour retentit de Beaupineries et autres prétendus claquements d’élastiques de culotte, de vouloir soulever la question qui vient : comment se fait-il que les femmes écrivains soient systématiquement absentes du programme officiel du bac en terminale littéraire ?

C’est une question qui revient en effet chaque printemps, quand paraissent les programmes. Si l’on remonte jusqu’en 2011 (le plus lointain accessible sur le site officiel), on trouve : Jacottet, Homère, Beckett, De Gaulle, Diderot, Quignard, Rabelais, Queneau, Musset, Eluard, Flaubert et Sophocle. Aucune Madame de Staël ou de Lafayette à l’horizon. Il faudrait remonter aux années 80 pour trouver un jupon.

Lassée, une enseignante de français d'un lycée d'Alfortville a cette fois lancé une pétition[ref]lancée sur change.org par Françoise Cahen[/ref], seul moyen, semble-t-il, de faire aujourd’hui bouger les choses sans heurts. Voici ce qu’elle écrit :

« Le nouvel auteur au programme de littérature en terminale L est André Gide, avec son roman Les faux monnayeurs. C'est un beau livre, écrit par un auteur important qui mérite d’être étudié. Ce n’est pas lui, le problème. 
Mais jamais une auteure femme n’a été au programme de littérature en terminale L. Nous ne demandons pas la parité entre artistes hommes et femmes. Nous aimerions que les grandes écrivaines comme Marguerite Duras, Mme de Lafayette, Annie Ernaux, Marguerite Yourcenar, Nathalie Sarraute, Simone de Beauvoir, George Sand, Louise Labé… soient aussi régulièrement un objet d'étude pour nos élèves.
»

Elle ajoute :

« À un type de classe composé en majorité de filles et des profs de lettres qui sont majoritairement des femmes, quel message subliminal veut-on faire passer ? »  

Pour mémoire : plus de 82 % des enseignants du primaire sont des femmes, taux qui grimpe jusqu’à 91 % dans le privé. Les chiffres sont proches dans le secondaire.
On peut d’ailleurs relever un autre paradoxe : ce sont les femmes qui, en France, font vivre littéraire. D’abord parce que ce sont elles, très majoritairement, qui lisent et achètent les livres. Ensuite parce que les auteures sont aussi devenues majoritaires.
Une étude du site BooklaB rapporte :
« Les lectrices continuent toujours à dépasser les lecteurs en nombre. En considérant les genres, qui autrefois étaient jugés comme masculins, les lectrices et écrivaines sont, là aussi, largement représentées dans de nombreux genres : de la science-fiction, et autres histoires de zombies aux romans à suspense, d’horreur, de guerre, y compris une myriade d’autres sous-genres. »

Bien sûr, on ne manquera pas de relever que les femmes sont essentiellement lectrices de romans quand les hommes, eux, ne liraient que des essais. La vérité est surtout qu’ils lisent peu. Et puis « la littérature », ce sont les romans ! et la bonne littérature n’a pas de sexe. Enfin, comme il est souligné dans la pétition : les auteurs femmes « ne sont pas spécialement intéressantes parce qu'elles sont des femmes, mais elles méritent d'être étudiées pour ce qu'elles ont apporté d'essentiel à la littérature et à la société ».

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13 mai 2016

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