Il faut bien l’admettre, la vie a changé. Autrefois, les grands partis et leurs leaders naturels se référaient à des doctrines dont ils tiraient des convictions qui leur permettaient de rédiger des programmes, et les électeurs choisissaient. Mais cela, c’était autrefois.

Aujourd’hui, la médiatisation a envahi la politique qui est devenue un spectacle où il faut plaire, encore plaire et toujours plaire. Fini les convictions. Terminé les doctrines. Exit les programmes et place à la démagogie !

Une démagogie qui trouve sa source dans la recherche frénétique de ce que les électeurs attendent ou sont supposés attendre. Par quels moyens ? Les sondages d’opinion, ces opinions si changeantes à l’ère de l’instantané, du virtuel et de la consommation de masse. Dans Blanche-Neige, la méchante reine interroge son miroir et elle est prête à tout pour rester la plus belle. À la veille des , les candidats décortiquent les sondages et sont prêts à toutes… les volte-face !

Ainsi de Xavier Bertrand, candidat à sa succession dans les Hauts-de-France, mais aussi candidat déclaré à la présidentielle de 2022. Largement élu, en 2015, face à avec 58 % des suffrages contre 42 %, l’homme a fait profession de foi de lutter contre « l’extrême droite », entendez : le Front national.

Hélas ! Les sondages montrent que les Français placent l’immigration et l’identité au cœur de leurs préoccupations, au même titre que le chômage ou la précarité. Et voilà l’ancien ministre du Travail puis ministre de la Santé de dépassé sur sa droite par l’opinion publique… Qu’à cela ne tienne ! Donnant un nouveau coup de barre à tribord très remarqué, Xavier Bertrand propose, s’il est élu président de la République – comme il le répète régulièrement en fonction des événements qui marquent l’actualité la plus tragique, depuis les primaires de l’ en 2017 -, d’organiser un référendum sur l’immigration, la laïcité et la sécurité des Français !

Mais comment y croire ? En effet, pendant cinq ans et demi, le même Xavier Bertrand et sa majorité -UDI ont constamment refusé d’accueillir dans leurs groupes les élus régionaux démissionnaires du -, alors qu’il y en a eu 14 sur 54 ! Et cela a valu même pour les deux élus qui avaient adhéré à LR en cours de mandat !

Une rigidité politique qui sépare Xavier Bertrand de la « droite de la droite » et qui pourrait bien priver le président des Hauts-de-France d’appuis qui auraient pu lui être bien utiles alors que le dernier le place au coude-à-coude avec la liste RN dans sa région.

9 mai 2021

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