C’est le dernier truc à la mode, depuis que Fillon a écrasé la concurrence lors de la primaire de la droite et du centre. Polemia, Minute, les anciens du MNR (3.28 % aux européennes de 1999), quelques vieux pieds-noirs qui reprennent en boucle les chansons d’Enrico Macias, les antigaullistes primaires, les exclus du FN, Radio Courtoisie, TV Libertés et Boulevard dont le terrain est largement occupé par les précédents et bien d’autres, faux amis, dont on se demande où ils veulent en venir : n’aurait rien compris, refusant les alliances, ne sachant pas occuper les créneaux idéologiques performants, gauchisée à la Mélenchon, « mangée » sur sa droite, isolée dans son donjon, etc.

Tout cela serait la faute de Philippot, le chevènementiste, dont les potes de Science Po chantaient l’Internationale ! Alors que Marion, elle, serait le vrai Front national, c’est-à-dire une Fillon bis : désolé, mais la place est prise…

« On » nous explique que c’est Trump qui nous a montré la voie, avec son discours ultraconservateur et virulent, sinon parfois méchamment rétrograde et vulgaire, oubliant que dans le système électoral français du suffrage universel à deux tours, ce dernier aurait été battu par Clinton. Il serait bon, aussi, de rappeler que si l’électorat de Grande-Bretagne a bougé, c’est sur les questions de l’Union européenne : Leave ou Remain, à l’identique de ce qui pourrait se passer en dimanche si les électeurs en viennent à sanctionner Matteo Renzi et que les positions du groupe de Visegrád font recette en ce moment quand il s’oppose à l’ et à l’imposition de quotas.

Mais il est temps, je pense, de mettre de l’ordre :

Marine Le Pen s’est dite gaullienne, que cela plaise ou non (« Qui m’aime me suive ») et elle ne ment pas. Elle est même davantage, une vraie gaulliste sociale (j’ai pas écrit socialiste !), ce qui semble à tout le moins opportun dans un pays qui connaît 6.250.000 chômeurs (Filoche) et ± 9 ou 10 millions de pauvres, et alors que la scission est maintenant avérée entre les « gens des villes et les gens des champs » (PCNC), entre les classes privilégiées et les oubliés, la France d’en bas. Difficile de mettre tous ces derniers sous le boisseau, vous ne pensez pas ?

Et si elle écoute attentivement Florian Philippot c’est parce que, comme nous l’indique Paul-Marie Coûteaux, il y a eu un véritable coup de foudre idéologique entre eux deux lors de leur première rencontre. De là à prétendre que l’un influence abusivement l’autre, il y a une marge que je ne pense pas raisonnable de franchir. Je dirais plutôt qu’ils se complètent.

À cinq mois de la présidentielle, elle se retrouve dans une situation parfaite de ne pratiquement pas avoir à se soucier de ses adversaires avant le deuxième tour. Les clivages sont tellement importants qu’ils vont s’entredéchirer, Mélenchon à l’extrême gauche et Fillon, maintenant, à l’ (!) avec, au milieu, le marigot socialo-centriste dont les représentants vont s’entretuer avant d’essayer de se faire une place dans le rayonnage. Ça va voler bas.

Au final, la bataille se jouera sur les problèmes économiques, sociaux et pas sociétaux (alors que les positions de Marine sur le mariage pour tous, GPA, IVG, PMA, euthanasie, théorie du genre sont connues et très claires et que Fillon n’a rien inventé, sauf de vouloir faire croire qu’il a récupéré un électorat – la Manif pour tous – très anti-IVG, notons-le, qui lui était déjà acquis avec Sens commun, LR depuis novembre 2013), sur lesquels beaucoup voudraient l’entraîner pour affadir son discours sur l’essentiel, c’est-à-dire la souveraineté nationale, l’Union européenne et l’immigration couplée, pour elle, à l’ par son objectif de remettre en route les moyens de l’assimilation.

En cela, c’est elle qui a raison !

1 décembre 2016

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