C’est sans doute la nomination la plus loufoque des secrétaires d’État : Harlem Désir, exfiltré du PS, recyclé aux Affaires européennes, sera encadré par le secrétariat général auxAffaires européennes récupéré par l’Élysée qui pilotera de facto la européenne. Voilà qui ressemble fort à un emploi fictif, à une sanction-promotion, ou pour le moins à une… coquille vide qui doit bien faire rire dans les capitales européennes, d’autant que c’est le huitième titulaire du poste en moins de 7 ans... La chancelière de l’Euroland n’en fera qu’une bouchée, et sûr qu’avec une telle tête d’affiche, le PS fera un tabac aux prochaines élections.

Mais c’est avant tout la prime au mauvais, le hochet du prince à celui qui avait conduit la campagne socialiste aux municipales, ramassant une gamelle comme jamais le PS n’en avait connu. On rappellera, pour mémoire, que c’est le marionnettiste de l’Élysée qui, pour la succession de rue de Solférino, avait imposé contre Jean-Christophe Cambadélis, repêché aujourd’hui contre toute attente pour reprendre les rênes d’un parti en pleine déconfiture…

Il est vrai que Hollande n’en est pas à un reniement près alors que les ancêtres grecs de Cambadélis ne dresseront pas de couronne de lauriers à leur piteux rejeton. N’est pas descendant de la fierté de Périclès qui veut… Le Socrate des beaux quartiers – il est né à Neuilly-sur-Seine — a failli boire la ciguë à deux reprises, battu contre Hollande à la tête du PS puis contre sur lequel il vient de prendre sa revanche…

Du beau linge : on se souvient que Cambadélis, sous le pseudonyme de Kostas, a été membre de l’Organisation communiste internationaliste et, comme Jospin, ancien trotskiste lambertiste, il avait trempé dans le scandale de la MNEF. Reconnu « coupable de recel d'abus de confiance », il avait été condamné à six mois de prison avec sursis le 2 juin 2006, après une première affaire du même acabit quelques années auparavant…

« Touche pas à mon PS ! » C'est en ces termes que ruaient dans les brancards dès hier soir les caciques et les militants réunis rue de Solférino. Certains, comme Marie-Noëlle Lienemann, dénonçaient le « coup d’État » de l’Élysée, estimant que « le parti n’est pas une chambre d’enregistrement », refusant une « pré-désignation » que le PS devrait tout simplement entériner…

Ce n’est pas la première fois, ni sans doute la dernière, que le PS avale des couleuvres : sûr qu’il y aura de l’ambiance le 15 avril prochain à la réunion du conseil national — le Parlement du PS — lors de la nuit des seconds couteaux… Pour Henri Emmanuelli, le parti est entré dans « un coma profond », alors qu’un autre éléphant du PS estime dans que si on fermait le PS pendant trois mois, « personne ne s’en apercevrait ». Chiche !

10 avril 2014

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