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Editoriaux - 22 février 2017

Hamon, le candidat des banlieues…

Celui qui se dit fier d’être appelé Bilal Hamon (car “c’était le premier muezzin du Prophète”) semble bien avoir trouvé sa base électorale, au vu des appels du pied bien appuyés qu’il envoie depuis quelques jours aux jeunes, aux Français de confession musulmane et aux habitants des banlieues.

Invité ce dimanche du “Grand Jury” sur LCI, il a, entre autres, réagi aux déclarations d’Emmanuel Macron sur la colonisation, estimant que la France devait “exprimer publiquement des regrets sincères” sur la colonisation, des regrets qui pourraient aller “jusqu’à des excuses”.

Par ailleurs, dans un entretien accordé au JDD, il dénonce le FN qui, selon lui, “détourne la laïcité pour en faire un instrument antimusulman”. Il vante une laïcité qui “protège aussi bien la fille habillée en short que celle qui veut librement porter le foulard”. L’élection de Marine Le Pen entraînerait “un embrasement des banlieues”. Pour sa part, il propose de “recréer le lien” entre la banlieue et les pouvoirs publics, entre jeunes et policiers par des mesures telles que le récépissé de contrôle d’identité ou la création d’une police de proximité. Un moyen d’“apaiser les tensions entre habitants et forces de l’ordre”, tweete-t-il.

Ces thématiques reviennent souvent dans les propos du candidat socialiste qui montre un attachement particulier à la banlieue et à ses habitants. On se souvient qu’il a été l’un des premiers à condamner les violences policières présumées à l’encontre du jeune Theo et à pointer du doigt “le sentiment d’humiliation” des jeunes de banlieue. “J’ai vu des parents qui sont aujourd’hui inquiets que leurs enfants, parce qu’ils sont noirs, puissent être pris à partie dans un contrôle d’identité qui dégénère”, avait-il déclaré sur France 5.

La légalisation du cannabis est une autre thématique habituelle du candidat Hamon. Lors de son voyage au Portugal, il en a profité pour s’entretenir avec João Goulão, directeur de l’Institut des drogues et de la toxicomanie. Rappelons que le Portugal a “décriminalisé” toutes les drogues en 2001 : leur consommation aurait été divisée par deux. Un modèle pour , qui propose la création d’un “réseau de distribution et d’approvisionnement” pour contrôler l’usage et le marché du cannabis. “C’est parce qu’il est dangereux de se droguer qu’il faut légaliser”, clame-t-il.

Ce qui était jusqu’alors un secret de polichinelle est, aujourd’hui, pleinement assumé par cette nouvelle gauche qu’incarne Hamon. La classe ouvrière, délaissée aux populistes, n’est plus la base électorale de la gauche qui a trouvé un nouveau public : les bobos, les minorités religieuses et ethniques, et les “jeunes” de banlieue. Le candidat Hamon s’inscrit dans cette “troisième gauche” qui n’est ni marxiste ni social-démocrate ; une gauche qui milite plus pour la Palestine et le droit de porter le voile que pour la cause de ceux qui triment dans les champs et dans les usines…

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