Haine de soi et déracinement : les nouveaux repères pour collégiens

Le 11 mars dernier, Najat Vallaud-Belkacem avait annoncé un projet de réforme pour le collège qui bouleverse le contenu de l’enseignement de toutes les matières et dans toutes les classes : il entrera en vigueur dès la rentrée de septembre 2016. Les premiers manuels ont été publiés, et malgré les critiques reçues de toute part, le ministre défend fièrement son programme, qualifié de « réforme du collage » par Nicole Ferroni sur France Inter, le 4 mai dernier. L’Histoire est, bien entendu, écorchée vive. Selon Madeleine de Jessey, qui s’est penchée sur le contenu de cet enseignement pour Le Figaro Vox, l’école de la République « entend une nouvelle fois enfermer l’élève dans le culte de la culpabilité et de la haine de soi ».

En effet, la lecture des brochures « Histoire – Géographie », téléchargeables sur le site du ministère de l’Éducation nationale, laisse penser que notre pays est associé à tous les maux de l’humanité. Aussi, dès le CM1, le parcours sera balisé en apprenant aux enfants que « le premier empire colonial français, porté par le pouvoir royal […] repose notamment sur le déplacement d’Africains réduits en esclavage ». La Régence sera principalement étudiée sous l’angle des « violences telles que les croisades, les guerres de religion et le régicide ». Naturellement, Saint Louis, François Ier et Henri IV – pour ne citer qu’eux – sont éliminés du programme.

Dès la sixième, prétendant que le christianisme serait seulement « issu du judaïsme », l’on interrogera alors les élèves sur « les fondements de ce nouveau monothéisme qui se réclame de Jésus ». Et pour cause, puisque l’on verra en quatrième que le christianisme est présenté comme responsable d’un régime qui a tant opprimé les campagnes, jusqu’à ce que « l’école, la municipalité, la caserne deviennent des lieux où se construit une culture républicaine progressiste et laïque » grâce à la Révolution. Le lynchage se poursuit en quatrième dès qu’il s’agit d’évoquer la France à l’origine des « traites négrières » ou du « génocide juif et tsigane ». Plus drôle encore, l’invasion migratoire de l’Europe actuelle est implicitement comparée au sort de l’Empire romain « marqué par la diversité des sociétés et des cultures qui le composent ». Lorsque le programme aborde la Première Guerre mondiale, « combattants et civils subissent des violences extrêmes dont témoigne particulièrement le génocide des Arméniens en 1915 » : certes, mais pas un mot sur nos milliers de poilus qui ont sacrifié leur vie dans l’enfer des tranchées.

Au profit d’une culpabilisation morale insensée, le dénigrement de soi et le mépris de ses racines remplacent les figures d’émulation ou les héros dont nos jeunes pourraient s’inspirer pour redresser notre pays. Si l’on en croit Charles Maurras, le passé contient « toute la semence de l’avenir » en ce qu’il constitue « la mise à profit des bonheurs […] que tout esprit bien né souhaite à son pays ». La République ne construit pas ; visiblement, elle détruit.

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