Au plus fort du débat sur le « mariage pour tous », on lui reprochera sa chanson « Qu’on est bien dans les bras d’une personne du opposé… »

Guy Béart a tiré sa révérence cette semaine, et Dominique Jamet lui a rendu le plus bel hommage qu’on pouvait lui rendre : celui du talent et du cœur. D’une plume plus modeste, j’aimerais le prolonger par deux ou trois petites choses que nous aimions également chez Guy Béart.

Son autodérision, d’abord : ingénieur des ponts et chaussées, il ne manquait pas d’humour sur lui-même : « J'aime m'intituler, avec un certain orgueil, ingénieur des ponts et chansons. » Son éclectisme ensuite : cet amoureux des mots, de la langue, le sera également de notre Histoire de France dont il revisitera les chansons traditionnelles : Vive la rose, Aux marches du palais, V'la le joli vent, À la claire fontaine, Sur le pont de , une chanson sur l'obéissance dont la fin dramatique fera chialer des générations de gosses. « Ces chansons de toujours résonnent doucement à nos oreilles. On se sent enraciné dans l'histoire profonde de la France, qui nous rappelle que nous en sommes les dépositaires », commente l’un de ses admirateurs sur les réseaux sociaux.

Le courage de ses convictions enfin, au plus fort du débat sur le mariage pour tous. Invité d’une radio du service public, Guy Béart se vit sérieusement chatouillé sur l’une de ses chansons dont les paroles seraient, ni plus ni moins, une incitation à marginaliser l’homosexualité. « Qu’on est bien dans les bras d’une personne du opposé, d’une personne du sexe qu’on n’a pas, qu’on est bien dans ces bras-là. » Une chanson homophobe, quoi ! Notre vaillant octogénaire ne se laissa pas démonter en faisant comprendre clairement le camp qu’il avait choisi. : "Moi, je dis oui, oui à la chanson pour tous!"

Le premier qui dit la vérité… Le même procès en homophobie, rappela-t-il, avait été instruit à Georges Brassens qui avait raillé ces « Cupidons à l’envers », notamment dans les Trompettes de la renommée, une chanson toujours à l’index sur les ondes de nos radios bien-pensantes. : « Sonneraient-ell’s plus fort, ces divines trompettes,/Si, comm’ tout un chacun, j’étais un peu tapette, […] Mais je ne sache pas qu’ça profite à ces drôles/De jouer le jeu d’ l’amour en inversant les rôles, (…). »

Plus généralement au-delà de ce débat, Guy Béart se tenait à l’écart de la vie politique : « Je ne vote plus depuis longtemps. Je n'aime ni la gauche, ni la droite, ni le centre, ni les extrêmes, ni les trois quarts. Tous les politiques sont obligés de mentir, sinon ils se cassent la gueule » (Le Parisien, 17 janvier 2015).

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20 septembre 2015

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